Bien surveiller le sommeil des adolescents

Selon une enquête du réseau Morphée en 2014, plus de la moitié des collégiens passent plus d’une heure sur les écrans après le dîner et 18 % plus de 2 heures.

Par  Anne Prigent   Figaro.fr -  publié  le 16/12/2016

Écrans mobiles et réseaux sociaux sont indissociables de l’adolescence. À l’heure actuelle, rares sont ceux qui ne possèdent pas un smartphone ou une tablette. Les pédiatres américains ne les ont pas oubliés dans leurs recommandations, émises en octobre dernier. Les spécialistes insistent sur les bienfaits d’Internet et son effet positif. Mais tous les parents de préadolescents et d’adolescents en connaissent aussi tous les méfaits. Au premier rang desquels son influence sur le sommeil.

La lumière bleue émise par les écrans va mimer la lumière du jour et provoquer un décalage de l’heure d’endormissement qui va raccourcir les nuits d’adolescents, déjà physiologiquement en décalage… Or, selon une enquête du réseau Morphée en 2014, plus de la moitié des collégiens passent plus d’une heure sur les écrans après le dîner et 18 % plus de 2 heures. Pire, 15 % d’entre eux envoient des SMS en pleine nuit et 11 % se connectent à un réseau social. Certains font même sonner leur réveil dans la nuit pour se reconnecter.

 

Cyberharcèlement

 

«Je recommande aux parents de débrancher le Wi-Fi la nuit et de laisser tous les écrans, même le portable, hors de la chambre», explique le docteur François-Marie Caron, pédiatre et membre de l’Afpa. Les pédiatres américains sont sur la même ligne de conduite. Ils recommandent de ne pas laisser d’écran dans les chambres, d’éviter l’exposition aux appareils ou écrans pendant une heure avant le coucher ou encore de choisir des moments libres de médias, comme les dîners en famille.

 

Autre danger mis en avant par les spécialistes américains : le cyberharcèlement et la diffusion de sexting. Plus d’un Américain sur dix de 10 à 19 ans a déjà envoyé une photo sexuelle à quelqu’un d’autre… Image qui peut ensuite devenir un élément de harcèlement. Ce dernier a toujours existé mais désormais, il ne s’arrête plus à la porte de la maison. Le jeune harcelé a beau se barricader dans sa chambre, il ne peut plus échapper à ses harceleurs.

 

L’Académie de pédiatrie américaine insiste sur la nécessité d’une communication permanente avec les enfants sur la citoyenneté et la sécurité en ligne. Des recommandations qui ne concernent pas uniquement les parents mais l’ensemble des éducateurs.