Chirurgie guidée statique :

passage en revue de 4 logiciels de chirurgie guidée

Dossier Nos acteurs du numérique

AO News #54 - Novembre 2022


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Qui n’a pas entendu parler de logiciels de chirurgie guidée lors d’échanges entre confrères ? Le but de cet article est de vous présenter 4 logiciels que j’utilise assez régulièrement afin d’avoir un aperçu de ces différentes interfaces.

 

Rappel

Le principe de base de la chirurgie guidée est de placer, grâce à une sorte de gabarit imprimé ou usiné, vos implants dans la position que vous aurez décidé en accord avec votre projet prothétique.

On peut dire donc que tout commence par la fin …on part du projet final et on place nos implants

Ce projet prothétique qu’il soit réalisé par vous, votre prothésiste ou des sociétés spécialisées devra être intégré dans le logiciel de planification implantaire et le travail de placement des implants pourra commencer. Il s’agit de la planification implantaire. Une fois celle-ci réalisée, il faudra déterminer les douilles à utiliser, réaliser leur placement et modéliser le guide (les douilles étant les petites parties métalliques à travers lesquelles les forets devront passer pour être guidés).

2 sortes de chirurgies guidées sont possibles :

  • full guidée
  • ou juste en forage pilote

Dans une technique, le guidage se fera de A à Z jusqu’à la pose finale de l’implant à travers le guide, et dans l’autre, le premier forage (foret pilote de 2 mm) uniquement sera guidé.

Comme vous l’aurez compris, il n’y a qu’avec le full guidé que le positionnement final sera le plus fidèle à la planification. Ce forage full Guidé imposera d’ailleurs l’acquisition d’une trousse spécifique par votre fournisseur d’implant.

Quel que soit le logiciel utilisé, le process est toujours le même. Après avoir rempli le formulaire de commande (informations du patient et localisation de l’implant) nous devons :

  • superposer (ou matcher) une empreinte la plus précise possible des dents et/ou muqueuses sur l’image 3D de l’os : matching STL et DICOM ;
  • intégrer son projet prothétique ou le réaliser sur le logiciel ;
  • choisir et placer ses implants ; 
  • placer les douilles ;
  • modéliser le guide chirurgical.

Nous allons partir sur un cas d’un implant unitaire pour simplifier. Pour les cas plus complexes, les techniques sont différentes mais les principes sont les mêmes.

 

Acquisition des données

 

Empreinte

Idéalement à l’aide d’un scanner intraoral, les empreintes seront réalisées sur la totalité des arcades avec l’information de l’occlusion. Vous comprendrez pourquoi, quand nous arriverons au logiciel, que l’empreinte globale est préférable même pour un implant encastré. L’occlusion servira évidemment à connaitre la hauteur prothétique, le rapport avec les dents antagonistes etc… La caméra d’empreinte va donc créer un fichier 3D (STL).

 

Radio 3D

Comme pour l’empreinte il est préférable de prendre un cliché CBCT de l’arcade globale concernée par l’implant. L’arcade antagoniste n’aura en revanche aucun intérêt. Les fichiers dicoms seront exportés dans un dossier selon le protocole du constructeur. A noter que la propreté du dicom est très importante pour le matching, et quelque fois nous auront besoin de rajouter des repères externes supplémentaires. Cette radio 3D devra être réalisée bouche ouverte de préférence pour éviter les artefacts et faciliter la visualisation de chaque arcade. Fig 2

 

Planification implantaire et design du guide 

 

Nous voici à présent bien installé devant notre ordinateur, sans le patient, sans aucun stress, prêt à effectuer notre chirurgie virtuelle. 4 logiciels ont été sélectionnés : Exoplan (Align), Implant studio (3shape), Codiagnostix (Dentalwings, Straumann Group) et R2gate (Megagen).

 

 

Conclusion 

 

Vous avez donc pu constater que les principes sont toujours les mêmes. D’autres logiciels sont disponibles comme SMOP, BlueskyBio, RealGuide ….les principes généraux étant toujours les mêmes.

Il est important de noter que dans les suites logicielles de chaque marque de software nous avons aujourd’hui quasiment toujours la possibilité de réaliser dans le même temps la prothèse provisoire immédiate en fonction de l’implant planifié.