Introduction à la dentisterie chair side

Dossier L'Incontournable numérique, coordonné par Olivier BOUJENAH

AONews #46 - Novembre 2021


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Introduction

Aujourd’hui en 2021, la dentisterie numérique a transformé en profondeur notre activité quotidienne. Permettant maintenant d’être utilisée dans toutes les disciplines, que ce soit la prothèse sous toutes ses formes, comme l’implantologie (simple ou complexe) et la dentisterie restauratrice du quotidien, les progrès qu’ont faits les caméras révolutionnent notre métier.

 

La technique chair side

Historiquement, les premières machines de fabrication sur le marché furent développées par Sirona avec le Cerec qui a aujourd’hui plus de 25 ans d’existence. De nombreux développeurs proposent maintenant des machines pouvant être utilisées au fauteuil : Imes, Roland, Straumann… (Fig. 1 à 4)

La taille des machines va offrir la possibilité d’usiner soit des blocs unitaires pouvant créer des pièces allant de 1 à 3 éléments, soit des disques dans lesquels pourront être usinés des éléments plus grands type bridges. Selon le matériel choisi et le type de restauration, certaines pièces devront être passées au four pour une cuisson finale, rajoutant une étape à la réalisation et une phase de maquillage. (Fig. 5 à 7)

Notons qu’il n’est pas possible en chair side, en usinant du monobloc, aussi translucide soit-il ou avec le meilleur des dégradés, d’obtenir la richesse de teinte que peuvent obtenir nos prothésistes, qui eux monteront la céramique en multi couches. Les teintes complexes, les restaurations esthétiques exigeantes sont difficilement gérables avec du simple monobloc. Seules les teintes antérieures les plus simples peuvent sereinement être envisagées avec du mono bloc.


 

Step by step du chair side pour les restaurations du quotidien

 

Comment fonctionne le chair side ?

Au niveau du protocole de préparation des dents, soit pour la prothèse fixe ou bien les inlay/onlay, les principes restent les mêmes. Les caméras d’aujourd’hui ont atteint un degré de précision tel, que rien ne nous sera pardonné. C’est aussi un avantage indéniable, nous pouvons voir tout de suite si nos préparations sont telles qu’elles doivent l’être, sans contre dépouille ou imprécision. Notre degré d’exigence ne peut qu’augmenter !

Une fois la préparation terminée, il faudra prendre l’empreinte avec la caméra que vous possédez. Les temps d’empreinte actuels peuvent ramener cette étape à moins de 3 minutes pour les deux arcades ! Selon la position de la ligne de finition, il pourra être nécessaire de mettre un cordonnet de rétraction gingivale, mais bien souvent, en absence de saignement, la caméra peut parfaitement enregistrer les limites. (Fig. 8)

L’empreinte sera traitée par la machine et envoyée sur le logiciel de design. Il en existe plusieurs : DentalWings, Cerec, Exocad… C’est à ce moment-là que nous allons réaliser le design de la pièce à usiner par la suite. Les logiciels actuels nous aident et nous guident énormément rendant les modélisations rapides et simples. Une fois la technique acquise, réaliser une dent unitaire ne prend pas plus de 5 minutes. (Fig. 9  à 11)

Cette étape résolue, il suffit alors d’envoyer le fichier à usiner dans la machine. Nous choisirons alors quel type de bloc à préparer et attendrons la fin de l’usinage. En moyenne, il faut 15 à 30 minutes pour une pièce unitaire, selon la chaine et la taille de la pièce. Certains matériaux auront alors besoin d’un maquillage et d’une cuisson supplémentaire pour finir le processus, ce qui rajoute une vingtaine de minutes en tout. La pièce finie, nous pourrons l’assembler en bouche selon le protocole adapté au matériau. Les matériaux utilisés sont en général de la céramique type Emax, ou de la nano céramique, bien qu’il existe une très grande variété de blocs de différents matériaux (Lava, Vita…etc…) - Fig 12 à 14


Quel est l’intérêt d’une technologie chair side au cabinet ?

Premièrement, la maîtrise de la chaîne de réalisation de A à Z. Pour ces restaurations simples, cela nous donne le contrôle complet sans avoir personne d’autre que nous à blâmer. Notre précision et nos exigences ne peuvent qu’augmenter.

Ensuite, tout est réalisé au fauteuil en une seule séance. C’est un gain de temps pour le patient qui ne se déplace qu’une fois, un gain en ergonomie pour nous avec un seul plateau et temps fauteuil.

Et enfin notre rentabilité sur le long terme s’en voit améliorée.

 

Conclusion

Comme n’importe quel nouvel outil introduit dans le cabinet, le chair side va demander une courbe d’apprentissage pour le maîtriser. En revanche, une fois celle-ci passée, les bénéfices retirés s’inscrivent directement dans le processus de passage au cabinet 2.0 de 2021.

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