Éléonore The Great

Scénario : Tory Kamen | Réalisation : Scarlett Johansson - Rubrique A voir AO News #77


Avant toute chose, ne regardez pas la bande annonce

et ne lisez pas les pitchs, ils spoilent un élément clé du film !

Je présenterai l’histoire comme  suit : deux meilleures amies ashkénazes vivent sous le soleil de Floride pendant 11 ans, jusqu’à ce que le temps se gâte pour l’une d’entre elles. À 94 ans Éléonore Morgenstein, suite au décès de sa meilleure amie Bessie, décide donc de retourner à New York rejoindre sa fille et son petit-fils.

Les destins de Éléonore, senior intrépide interprétée par June Squibb, et Nina, étudiante journaliste volontaire interprétée par Erin Kellyman vont se croiser.

Chacune trouvera du réconfort dans le récit et la compagnie de l’autre. Sans en dévoiler trop, nous suivons avec tendresse et émotion ce duo attachant.

June Squibb livre une performance génialissime : Éléonore est désopilante, pleine de sarcasme et de vitalité. Elle intègre les codes de la mère et grand-mère ashkénaze, venant décrocher de nombreux rires et sourires. Chacun et chacune retrouve un peu de sa grand-mère selon Scarlett Johansson.

Le film a été présenté en première mondiale à la sélection Un certain regard du Festival de Cannes

2025, puis en première française au Festival du Film Américain de Deauville début septembre. Scarlett Johansson réalise son premier film renouant avec ses racines juives, d’origines polonaises et russes. Le pari est réussi. Si certains trouvent le fim un peu trop « mélo », je le trouve juste, réconfortant et très émouvant (mixed emotion, paradoxe ashkénaze) !

Ce film nous rappelle à quel point il est essentiel de pouvoir raconter les difficultés que l’on éprouve,

voire les drames que l’on subit, à celles et ceux qui tendent leur oreille et leur cœur, prenant le

temps d’écouter.

Le film est imprégné des thèmes de l’identité juive de la transmission. Le récit de la Shoah est abordé sous un angle scénaristique très original, jamais traité auparavant. Ces thèmes indéfectibles et cruciaux relatifs à la perpétuation de l’existence de l’identité juive et de la mémoire de la Shoah sont ainsi traités avec justesse, émotion, brio. Là où l’identité juive n’est malheureusement pas très à la mode, ce film lui redonne toute sa place.