SUI • Sommet Universitaire en Implantologie

23 janvier 2026, Chamonix – 11e édition

AO News #82 - juin 2026 - CR de Samuel Abitbol


La 11ᵉ édition du SUI s’est tenue le vendredi 23 janvier dernier à Chamonix, au pied des majestueuses montagnes enneigées, réunissant plus de 150 participants passionnés par l’implantologie et la dentisterie moderne. Ce congrès annuel, fondé par le Pr Serge Armand, poursuit sa vocation : offrir un espace de formation et d’échanges de haut niveau, combinant sciences cliniques, innovations technologiques et approche pluridisciplinaire. Lors de l’ouverture, le Pr Serge Armand a rappelé l’histoire du SUI et son rôle dans la formation continue, tandis que la Dr Sophie Veyre, Présidente Scientifique, a souligné la qualité exceptionnelle du programme et l’importance du partage d’expérience. M. François Loiseau, Directeur Général de Dentsply Sirona, a félicité le congrès pour sa longévité et son impact, et a mis en lumière la contribution de la société à l’innovation et à la diffusion des nouvelles technologies en implantologie.

 

Le programme scientifique de cette édition comptait 17 conférences animées par des experts venus de toute la France, avec une variété de thèmes allant de l’implantologie prothétique à la régénération osseuse, en passant par la dentisterie numérique et la gestion des complications. En voici un petit résumé.


Bordeaux – DU d’Implantologie et de Réhabilitation Orale (responsable : Yves Lauverjat)

Conférencier : Rawen Smirani

 

L’implantologie moderne ne se limite pas à poser un implant : chaque geste chirurgical et chaque décision prothétique influencent la santé et la stabilité des tissus péri-implantaires sur le long terme. Dr Smirani a plongé au cœur de cette réflexion en soulignant l’importance cruciale du profil d’émergence. Les données cliniques rappellent que les pathologies péri-implantaires sont loin d’être rares et que leur risque croît avec le temps. L’angle d’émergence n’est pas qu’une question de forme : il dicte la préservation osseuse et l’intégrité de l’épithélium de jonction. Les études montrent que des angles trop élevés favorisent une perte osseuse marginale plus prononcée et perturbent le tissu mou, créant un environnement propice à l’accumulation de plaque et à l’inflammation horizontale vers l’os marginal.

 

Une étude expérimentale animale illustre parfaitement ce phénomène : des angles modérés maintiennent l’intégrité des tissus, tandis que des angles plus marqués compromettent l’étanchéité biologique et fragilisent le péri-implant. L’effet est exacerbé par un profil convexe, qui complique le nettoyage et rend les tissus encore plus vulnérables. L’intervenant insiste : la planification doit toujours débuter par la prothèse et ainsi suivre la philosophie Begin with the end in mind. Les profils d’émergence doivent être doux, les sur-contours et convexités proscrits, et l’implant positionné pour servir le projet final. Une telle approche garantit non seulement la longévité du traitement, mais aussi une stabilité optimale des tissus et un entretien facilité pour le patient.


Brest – DU Réhabilitation Implanto-Portée (responsable : Sylvie Boisramé)

Conférencier : Pierre-Louis Polard

 

La réalité augmentée (RA) révolutionne le champ opératoire en implantologie. Elle superpose des informations numériques en 3D directement dans la zone de travail, offrant au chirurgien une perception spatiale sans précédent, sans interrompre sa manipulation. Les études montrent que la RA atteint une précision comparable aux techniques guidées traditionnelles, offrant un excellent alignement et positionnement des implants, bien que certaines situations restent sensibles à l’expérience du praticien.

 

Les bénéfices vont au-delà de la précision : ergonomie améliorée, communication facilitée avec le patient, éducation et anticipation des risques. Cependant, des contraintes subsistent : suivi des marqueurs, gestion des saignements, adaptation au flux opératoire et courbe d’apprentissage nécessaire pour atteindre la performance optimale. L’avenir de la RA semble lié à son association avec l’intelligence artificielle, promettant une meilleure calibration, une visualisation plus claire et une aide décisionnelle accrue. Malgré son émergence, la RA ne remplace pas la maîtrise des techniques classiques, mais se positionne comme un outil puissant pour augmenter sécurité, précision et confort du praticien.


Corse – DU d’Implantologie (responsable : Jean-Paul Mangion)

Conférencier : Mathias Faure-Brac

 

La prise en charge des parodontites avancées est un véritable défi, nécessitant une coordination fine entre parodontologie, orthodontie, implantologie et prothèse. Le cas présenté par M. Faure-Brac illustre un protocole combiné : traitement parodontal médico-chirurgical, correction orthodontique, extraction et implantation immédiate guidée, régénération osseuse guidée, pose de piliers définitifs per-opératoires et mise en charge immédiate.

 

La planification prothétique rétrograde, intégrée au flux numérique, permet de définir le projet final avant toute chirurgie, optimisant ainsi la fonction et l’esthétique. Les piliers définitifs et la ROG préservent l’espace biologique et soutiennent les tissus, tandis que le profil d’émergence est soigneusement modelé pour une intégration harmonieuse. Un suivi rigoureux, avec contrôles trimestriels et éducation continue à l’hygiène, est indispensable pour maintenir la stabilité et prévenir les complications. Même face à des dents postérieures à pronostic réservé, ce protocole pluridisciplinaire numérique permet d’obtenir des résultats fonctionnels et esthétiques satisfaisants, avec un haut niveau de satisfaction patient et des PROMs positifs.


Paris Cité – DU RIO, Site Louis Mourier (responsable : Marwan Daas) - Conférencier : Vincent Fouquet

 

L’implantation immédiate post-extraction combinée à la planification numérique optimise précision chirurgicale et gestion tissulaire. La segmentation anatomique et la conception de guides sur mesure assurent un positionnement exact, offrant une stabilité primaire suffisante pour une mise en esthétique immédiate. L’approche One Abutment One Time, consistant à maintenir le pilier de cicatrisation en place, limite les manipulations et contribue à préserver le volume osseux marginal, avec un bénéfice modeste mais notable dès la première année.

 

Le protocole inclut le modelage du profil d’émergence à partir de la dent controlatérale et l’utilisation de greffes enfouies pour corriger les défauts osseux, garantissant une intégration esthétique et fonctionnelle optimale. Les suivis cliniques et radiographiques précoces confirment une cicatrisation satisfaisante et une absence de perte osseuse notable. Bien que les données à long terme restent limitées, ce flux numérique illustre l’intérêt de la standardisation pour sécuriser les interventions et faciliter la planification prothétique, en soulignant le rôle clé du profil d’émergence.

 

Paris Cité – DUCICP, Hôpital Rothschild (responsable : Olivier Fromentin) - Conférencier : Théo Dubois

 

Le comportement mécanique des vis de prothèses complètes transvissées évolue avec le temps. L’étude présentée compare vis neuves et vis usées cliniquement, révélant une diminution significative du torque de fracture après usage, bien que restant largement au-dessus du torque recommandé. Cela confirme que l’usure modifie les propriétés mécaniques, mais avec un impact clinique limité.

 

L’étude souligne l’importance de l’inspection visuelle systématique, idéalement avec aides optiques, pour détecter l’arrondissement des bords et prévenir les problèmes de serrage. Malgré les limites de l’échantillon et la variabilité inter-patients, ces observations rappellent que vigilance et contrôle régulier sont essentiels pour la pérennité des restaurations supra-implantaires. Bien qu’aucune fréquence optimale de remplacement systématique ne soit définie, l’adoption de bonnes pratiques sécurise les interventions et anticipe les complications mécaniques potentielles.


Montpellier – DU Implantologie et Parodontologie Clinique (responsable : Philippe Bousquet) 

Conférencier : Simon Desiderio

 

La prise en charge d’un implant unitaire antérieur peut sembler simple, mais la précision est la clé. Le conférencier a illustré comment le flux numérique transforme cette étape en alliant prédictibilité et sécurité. La planification intègre empreinte intra-orale, CBCT et wax-up numérique pour guider le positionnement de l’implant selon un projet prothétique précis.

 

Les guides chirurgicaux sur mesure assurent un alignement parfait, limitant les risques liés à des perceptions trompeuses de l’axe. Cette approche permet également une mise en esthétique immédiate grâce à une couronne provisoire optimisée pour le profil d’émergence, qui sert aussi de pilier d’empreinte numérique pour la prothèse définitive.

 

Le flux numérique réduit les manipulations répétées, préserve les tissus mous et facilite la superposition des données pour vérifier la précision du traitement. Malgré l’investissement matériel et la courbe d’apprentissage, la méthode sécurise le geste chirurgical et minimise les erreurs prothético-chirurgicales. Les retours cliniques montrent un écart minimal entre planification et résultat, validant la fiabilité du processus. Pour les praticiens, le flux numérique devient un outil incontournable conciliant précision, esthétique et confort patient, et favorise l’adoption de protocoles standardisés même pour des édentements unitaires complexes.


Paris Cité – DU Clinique de chirurgie implantaire avancée, Hôpital Rothschild (responsable : Ihsene Taihi Nassif)

Conférenciers : Malika Ibn Khayat et Soufyane Mekais

 

La régénération osseuse guidée (ROG) demeure un pilier de l’implantologie complexe, notamment pour les défauts verticaux ou combinés. L’association d’une membrane en PTFE dense (dPTFE) et d’une planification numérique permet d’assurer un maintien optimal de l’espace nécessaire à la régénération tout en protégeant contre l’infiltration des tissus mous et le risque infectieux.

 

Le flux numérique, combinant CBCT et empreintes numériques, permet de modéliser le volume osseux à régénérer et de positionner les implants en parfaite cohérence avec le projet prothétique. Les guides chirurgicaux sur mesure facilitent le façonnage des membranes, le placement du greffon et la fixation par vis, limitant ainsi toute improvisation peropératoire.

 

Cette méthode augmente la précision, la prédictibilité et la sécurité de la ROG, tout en respectant ses principes biologiques fondamentaux : fermeture primaire, angiogénèse optimale, maintien de l’espace et stabilité du caillot. Si la technique nécessite une courbe d’apprentissage et un investissement matériel, les premiers résultats montrent un contrôle fiable du volume régénéré, suggérant que la combinaison dPTFE et planification numérique pourrait devenir une référence pour les interventions pré-implantaires complexes et démocratiser l’accès à ces techniques pour les jeunes praticiens.


Nantes – DU Implantologie Orale (responsable : Alain Hoornaert)

Conférencier : Tanguy Guenneugues

 

En secteur antérieur maxillaire, le succès implantaire repose bien plus sur un positionnement tridimensionnel rigoureux que sur le choix de l’implant. L’implant doit être envisagé comme un support à la fois prothétique et biologique, parfaitement intégré aux tissus durs et mous et à la future couronne.

 

T. Guenneugues rappelle que tout écart vestibulo-palatin, corono-apical ou inter-dentaire entraîne inévitablement complications esthétiques et biologiques : perte de papilles, émergence défavorable, résorption osseuse ou déhiscence. Les repères cliniques fondamentaux sont simples mais non négociables : position légèrement palatine, respect des distances implant-dent et inter-implantaire, et enfouissement vertical suffisant pour permettre une émergence naturelle. La planification numérique guidée par un wax-up prothétique est indispensable pour anticiper les contraintes anatomiques et esthétiques avant la chirurgie. Les cas cliniques présentés montrent que même dans des situations complexes (traumatismes, agénésies), une stratégie prothétiquement guidée, couplée à une gestion méticuleuse des tissus mous, garantit des résultats prévisibles et durables.


Toulouse – DU Implantologie Orale (responsables : Philippe Campan et Thierry Denis)

Conférencier : Paul Poulet

 

Les guides à étage en implantologie sont comparables à des Formules 1 : puissants mais exigeants en précision et coordination. Paul Poulet a démontré comment ce système intègre le positionnement implantaire, la chirurgie et la solidarisation immédiate de la prothèse provisoire, agissant comme un fixateur externe.

 

La mise en charge immédiate apporte des bénéfices psychologiques (le patient repart avec des dents fixes), biologiques (stabilisation des implants, guidage de la cicatrisation) et chronologiques (un seul temps opératoire). À travers deux cas cliniques, l’importance d’une vérification de l’étage prothétique avant la pose des implants est mise en avant, servant de filet de sécurité pour éviter toute dérive hors du couloir prothétique.

 

La comparaison des guides en résine et en titane illustre les limites mécaniques de la résine et les avantages croissants du titane : plus fin, rigide et sécurisant, surtout à la mandibule. Le guide à étage est un outil puissant mais non indulgent, où succès rime avec planification, précision et synchronisation d’équipe.


Lyon – DU Chirurgie Implantaire (responsables : Thomas Fortin et Sophie Veyre) Conférencier : Anthony Talia

 

Face à l’atrophie osseuse sous-sinusienne, A. Talia propose une approche pragmatique et raisonnée : intégrer les techniques éprouvées (voie latérale, transcrestale) et l’ostéodensification, une alternative récente. La décision ne repose pas seulement sur la hauteur osseuse, mais sur la morphologie sinusienne et l’anatomie individuelle.

 

La voie latérale demeure le gold standard pour les cas extrêmes, malgré une morbidité plus importante. La voie transcrestale, historiquement limitée, gagne en sécurité grâce à l’ostéodensification : soulèvement progressif et contrôlé de la membrane, meilleure stabilité primaire et confort post-opératoire accru. Dr Talia insiste sur l’importance d’un arbre décisionnel combinant hauteur osseuse, morphologie et expérience du praticien. L’ostéodensification n’est pas une technique universelle : elle complète les méthodes classiques et souligne que la réussite repose sur l’adaptation de la technique au terrain, et non sur la simple application d’une nouvelle technologie.


Lille – DU Clinique d’Implantologie Orale (responsable : François Boschin) - Conférencier : Dr Edouard Delamotte

 

Pour l’édentement maxillaire postérieur atrophié, la littérature oppose implants courts et implants standards avec élévation sinusienne. Dr Delamotte rappelle que le secteur postérieur maxillaire est complexe : faible densité osseuse, pneumatisation sinusienne. Les implants standards présentent un taux de survie légèrement supérieur, tandis que les implants courts montrent une perte osseuse péri-implantaire plus faible.

 

Ces différences statistiques restent cliniquement modestes et doivent être interprétées avec prudence, compte tenu de l’hétérogénéité des études. Au-delà de la longueur, le diamètre de l’implant, la solidarisation prothétique et la planification occlusale influencent fortement les résultats. Les implants courts apparaissent comme une alternative fiable, moins invasive et conservatrice, adaptée à certains patients. Le choix doit donc être individualisé, intégrant anatomie, risque chirurgical et objectifs prothétiques.


Paris Cité – DU RIO, Site La Pitié-Salpêtrière (responsables : Rafael Toledo, Benjamin Pomes, Géraldine Lescaille)

Conférencières : Paula Jimenez et Laura Sadoun

 

Dans les situations maxillaires extrêmes post-oncologiques, la réhabilitation implanto-prothétique se transforme en un véritable défi. Les intervenantes ont présenté un cas de maxillectomie totale, où atrophie sévère et communications bucco-nasales rendent chaque décision cruciale. La stratégie repose sur l’usage d’implants zygomatiques associés à une prothèse hybride amovible-inamovible, garantissant la stabilité prothétique, la fermeture des communications et le confort fonctionnel.

 

Le projet prothétique est guidé par l’espace disponible, la gestion minutieuse des tissus mous et l’anticipation des contraintes d’hygiène. Le flux numérique joue un rôle central, permettant de simuler les limites et sécuriser les choix chirurgicaux et prothétiques. La conférence souligne que dans ces contextes, la réussite dépend de la pluridisciplinarité, de l’adaptabilité clinique et de la conception sur-mesure. Malgré la complexité et les risques de complications, les résultats montrent une amélioration significative de la qualité de vie : phonation, sourire, confort respiratoire et bien-être général. Dans ces cas extrêmes, la prothèse devient un dispositif fonctionnel global, façonné pour répondre aux besoins du patient plutôt qu’à une solution standardisée.


Paris Cité – DU RIO, Site Charles Foix (responsable : Lucas Duong) -

Conférencier : Soufyane Mekaïs

 

La dentisterie numérique transforme l’implantologie antérieure complexe en un workflow cohérent et prédictible. Dr Mekaïs a illustré comment l’intégration de chirurgie, régénération tissulaire et prothèse dans un même flux numérique permet de planifier chaque étape, de la conception des membranes et provisoires à la validation sur modèle et l’ajustement prothétique final.

 

Le numérique améliore la coordination entre cliniciens et ingénieurs et permet d’anticiper les difficultés anatomiques et esthétiques. Cependant, la conférence insiste sur les limites et risques : erreurs de segmentation, écarts entre modélisation et réalité peropératoire, et surconfiance dans l’IA. La manipulation clinique des tissus, notamment des membranes, reste un facteur critique que le numérique ne remplace pas.un levier puissant, mais au service du raisonnement clinique et jamais un substitut. Dans le secteur antérieur, l’expérience, l’esprit critique et la capacité à reprendre la main quand le virtuel diverge du réel restent déterminants.


Rennes – DU Chirurgie Orale (responsable : Julien Hamon) -

Conférencier : Alexandre Dequidt

 

Cette conférence explore l’implantologie chez les patients sous inhibiteurs de la résorption osseuse, en dehors du contexte oncologique, avec un focus sur les traitements anti-résorptifs : bisphosphonates, denosumab et acide zolédronique. Dr Dequidt replace ces traitements dans leur contexte scientifique et clinique, analysant mécanisme, durée et impact sur le remodelage osseux.

 

Le message clé : l’implantologie est possible et sécurisable, à condition d’une stratification rigoureuse du risque et d’un timing opératoire adapté. Une large étude asiatique montre que le risque d’ostéonécrose lié aux implants est inférieur à celui des extractions dentaires. La stratégie optimale repose sur une chirurgie atraumatique, une planification numérique précise et, si nécessaire, une régénération osseuse guidée sans recours à l’os autogène.

 

Les traitements anti-résorptifs ne doivent pas être interrompus, car le risque fracturaire reste supérieur au risque d’ostéonécrose. L’évaluation minutieuse, le respect du délai depuis la dernière injection/perfusion et un suivi strict permettent une implantation sécurisée et raisonnable chez ces patients.


Paris Cité – DU RIO, Site Louis Mondor (responsables : Claudine Wulfmann et Francesca Mangione)

Conférencier : Abdelillah Rachdi

 

La technique du Socket Shield, destinée à préserver l’os vestibulaire lors d’extractions immédiates, a été présentée avec un regard critique et pragmatique. Bien que les résultats esthétiques et la limitation de la résorption osseuse soient prometteurs, Dr Rachdi insiste sur le caractère extrêmement opérateur-dépendant de la technique.

 

Les complications, même rares, peuvent être sévères : exposition du fragment radiculaire, infections péri-implantaires, perte osseuse rapide et, parfois, échec implantaire. La sélection des indications est cruciale : une paroi vestibulaire intacte est indispensable, souvent sous-estimée.

 

Le projet prothétique, la position de l’implant, le diamètre et les matériaux transgingivaux jouent un rôle déterminant dans la stabilité biologique. Les solutions conservatrices existent mais ont leurs limites ; dans certains cas, la dépose implantaire reste nécessaire. Le Socket Shield apparaît comme une technique puissante mais à haut risque, réservée à des cas strictement sélectionnés, avec un suivi rigoureux et une maîtrise parfaite de la chirurgie et de la prothèse.


Clermont-Ferrand – DU Implantologie (responsables : Christophe Deschaumes, Frédéric Marcon et Julien Duroux)

Conférencier : Paloma Breysse

 

La perte osseuse marginale est au cœur des enjeux actuels en implantologie moderne. P. Breysse défend une approche préventive, centrée sur l’adaptation du macro-design implantaire à l’anatomie osseuse existante, plutôt que sur des corrections secondaires comme la ROG ou le sur-enfouissement.

 

Le concept de Zero Bone Loss Concept repose sur l’idée que la résorption marginale démarre souvent au niveau du col implantaire, là où contraintes mécaniques et inadéquations géométriques se conjuguent. Sur crêtes obliques ou poses angulées, un implant à col droit crée un mismatch avec l’os, initiant la perte marginale. L’implant à col oblique épouse l’anatomie naturelle, réduit les contraintes et préserve l’os crestal sur le long terme. Le message est clair : respecter l’anatomie dès la planification chirurgicale et prothétique assure la stabilité osseuse, bien plus que tout geste correctif secondaire.


Lyon – DU Implantologie Orale : Bases anatomiques et implantologie clinique

(responsables : Adelaïde Carlier et Sophie Veyre)

Conférencier : Romain Bui

 

L’interface pilier–implant est le véritable déterminant de la stabilité biologique à long terme. Dr Bui explique que la perte osseuse marginale résulte souvent de la perturbation répétée du manchon fibreux péri-implantaire, fragile et incomparable au ligament parodontal d’une dent naturelle. Les concepts de platform switching, implants tissue level et surtout One Abutment, One Time visent à stabiliser cette interface critique. La littérature montre que chaque déconnexion du pilier augmente le risque de perte osseuse marginale, favorisant inflammation, micro-mouvements et percolation bactérienne.

 

La stratégie consiste à poser dès la chirurgie un pilier transgingival définitif, préservant tissus mous et os crestal. Cette approche simplifie également la prothèse, en travaillant au-dessus de la zone fonctionnelle et en améliorant la reproductibilité clinique. La préservation de l’os implantaire repose ainsi sur le respect des interfaces biologiques dès le premier geste, limitant au maximum toute manipulation de la connectique.