Dr Sylvie PEREIRA - Rôle de l’omnipraticien dans le diagnostic et la prise en charge parodontale des lésions intra-osseuses
« Plus on préserve les tissus, plus on stabilise le caillot, plus on va favoriser la régénération de ces lésions.
»
La conférence aborde en détail le traitement des lésions intra-osseuses, qui sont des défauts osseux localisés souvent associés à la
parodontitesévère. Ces lésions résultent de la prolifération bactérienne sous-gingivale, entraînant une destruction osseuse. Le dépistage précoce par l’omnipraticien est essentiel, car les signes
cliniques peuvent être subtils, tels que l’oedème, la perte papillaire, ou la mobilité dentaire. Le traitement commence par une phase non chirurgicale, axée sur l’amélioration de l’hygiène
bucco-dentaire du patient et l’élimination des facteurs de rétention de plaque. Des techniques mini-invasives, utilisant des instruments ultrasoniques fins et des curettes spécifiques, permettent
de traiter efficacement
les lésions intra-osseuses sans chirurgie, en particulier les défauts à 3 parois, en réduisant le traumatisme tissulaire et en optimisant la cicatrisation. Si le traitement non chirurgical ne suffit pas, une intervention chirurgicale mini-invasive
(MIST) est indiquée en présence de poches résiduelles supérieures à 6 mm associées à une lésion intra-osseuse. Lors de ce traitement les incisions et le décollement sont réalisés a minima et nécessitent l’utilisation de protéines de la matrice amélaire Emdogain (parfois combinées à un biomatériau) pour stimuler la régénération osseuse. Dans les cas sévères, des greffes de tissu conjonctif peuvent être nécessaires pour recréer des parois osseuses manquantes et stabiliser la régénération. Ces avancées permettent de conserver des dents qui auraient auparavant été extraites, même dans des situations de pronostic défavorable.
Dr Jean-François CHOURAQUI n Quels guides implantaires chirurgicaux
pour l’omnipraticien et pour quelles indications ?
« À la question « quand réaliser un guide ? » j’ai envie de dire le plus souvent possible. Donc pourquoi pas tout le temps ? »
La chirurgie guidée statique est de plus en plus appréciée par les praticiens pour sa précision et sa capacité à respecter les planifications prothétiques. Contrairement à la chirurgie guidée dynamique, qui nécessite un équipement plus complexe, la chirurgie statique utilise simplement un dispositif médical à usage unique pour guider les forêts dans l’espace. En France, plus de la moitié des implants sont posés par des omnipraticiens, ce qui rend la planification et l’utilisation de la chirurgie guidée
particulièrement pertinentes. La planification implantaire débute par l’intégration du projet prothétique mais une mauvaise
corrélation des données (DICOM et STL) peut entraîner des erreurs dans cette planification. Il est donc crucial de vérifier que le modèle numérique suive correctement la structure osseuse. La chirurgie guidée offre alors des avantages significatifs, notamment une meilleure précision, une réduction des temps opératoires, et des suites postopératoires moins lourdes. La chirurgie guidée est particulièrement bénéfique dans des cas complexes, tels que l’extraction/implantation immédiate, le relèvement de sinus par voie crestale, les atrophies mandibulaires ou les secteurs postérieurs. La fabrication de guides chirurgicaux peut être réalisée en cabinet grâce à des imprimantes 3D certifiées ou déléguée à des laboratoires. Dans tous les cas, l’investissement dans ces technologies reste justifié par l’amélioration de la qualité, de la sécurité et de la précision pour le binôme patient/praticien.
Drs Olivier ETIENNE et Charles TOLEDANO - Master class : Chronologie clinique du traitement de
l’usure dentaire
« On temporise tant que l’étiologie n’est pas résolue ; on pérennise quand elle l’est. »
La conférence aborde la gestion des usures dentaires, en insistant sur l’importance de comprendre l’étiologie et la chronologie des traitements pour une prise en charge efficace. Les usures dentaires peuvent être d’origine mécanique, comme le bruxisme, où les
dents sont en contact excessif, entraînant une attrition sévère. Elles peuvent également être d’origine chimique, souvent dues à une consommation excessive de boissons acides, comme les sodas, ou à des troubles alimentaires tels que l’anorexie et la boulimie, voire à du RGO, ce qui augmente
l’acidité buccale. Dans certains cas, les usures sont multifactorielles, ce qui complique le diagnostic et le traitement. Les jeunes patients, en particulier, présentent souvent des usures rapides et agressives, ce qui nécessite une intervention précoce pour éviter des dommages irréversibles. Le
traitement des usures implique souvent l’utilisation de gouttières de protection pour minimiser l’usure supplémentaire et la restauration des dents avec
des composites ou des céramiques. Une étape cruciale dans le traitement est la création d’espace pour reconstituer les dents, souvent en augmentant la
dimension verticale de l’occlusion (DVO). La technique du « full mock-up » collé permet de tester la nouvelle DVO et de vérifier que les ajustements
sont fonctionnels et esthétiques. Les préparations dentaires doivent être réalisées a minima pour préserver l’émail. Des fraises à
enfoncements
calibrés facilitent ces préparations (0,5 mm en vestibulaire, 1,5 mm en occlusal incisal). Le choix des matériaux de collage est également crucial, avec une préférence pour les résines duales, qui offrent une meilleure adhérence et durabilité. Les résines duales sont recommandées pour leur capacité à polymériser sous des pièces épaisses où la lumière ne pénètre pas suffisamment. Enfin, un suivi régulier est nécessaire pour suivre les habitudes de vie du patient et donc assurer la pérennité des restaurations. Ce suivi permet de vérifier l’occlusion, d’ajuster les restaurations si nécessaire, et de s’assurer que le patient utilise correctement la gouttière de protection.
Dr Marwan DAAS - Réussir la prothèse sur implant unitaire et partielle : les clés du succès - « Le patient ne vient pas pour une vis ; il vient pour une dent. »
La conférence peut être résumée en trois parties complémentaires : planification, temporisation et restauration. La planification en implantologie est essentielle pour éviter les échecs. Elle repose sur trois éléments clés : choisir le bon moment
pour l’implantation, assurer un positionnement tridimensionnel précis de l’implant, et utiliser les outils appropriés pour garantir ce
positionnement. La temporisation est un processus crucial qui implique l’utilisation de couronnes provisoires pour stabiliser le profil
d’émergence avant la pose de la couronne définitive. Le concept CBE du profil d’émergence est déterminant pour préserver l’attache supra-crestale et
assurer une intégration esthétique et fonctionnelle. La zone C, droite ou concave sur 1-1,5 mm, stabilise l’os crestal. La zone B, concave sur 1 à 2 mm
voire plus, créée un espace de jonction avec les tissus. Enfin, la zone E, convexe sur 1 mm, conditionne l’esthétique. Elle permet également d’adapter
progressivement les tissus mous autour de l’implant, assurant ainsi une meilleure intégration et un résultat plus naturel. Lors de la restauration, le choix d’une prothèse vissée doit être préféré à une prothèse scellée notamment pour sa facilité d’accès et de maintenance mais le
choix reste dépendant de plusieurs facteurs, notamment l’axe prothétique, la hauteur du TiBase, etc. Une hauteur de TiBase adéquate est cruciale pour
assurer la stabilité et la durabilité de la restauration. Si l’espace prothétique fait plus de 10 mm, il est recommandé de passer par un pilier
anatomique en titane et une couronne percée collée par-dessus au labo. Le matériau de choix reste la zircone connue pour sa
biocompatibilité
et sa résistance mécanique. Parfaitement polie, celle-ci est moins abrasive pour l’antagoniste que d’autres types de céramique et présente l’avantage de pouvoir être utilisée sans embase titane sur des restaurations plurales avec des piliers coniques ! La rigueur dans la prise d’empreinte (où au-delà de trois implants, le numérique peut être en difficulté) et la conception des prothèses est essentielle pour garantir le succès à long terme des interventions, en assurant un ajustement précis et une intégration harmonieuse avec les tissus environnants.
Pr Tara Mc MAHON - Où en est l’endodontie 2025 ?
« Clairement, on est le problème et on est la solution. »
Lors de la célébration des 50 ans des Entretiens Garancières, une présentation a été faite sur l’évolution de
l’endodontie, en comparant les pratiques de 1936 à celles de 2025. En 1936, un traitement endodontique typique était déjà bien décrit, et les étapes de
traitement n’ont pas fondamentalement changé depuis. Cependant, des avancées technologiques et
méthodologiques ont amélioré les résultats. En 2025, l’intelligence artificielle joue un rôle crucial en
offrant une meilleure imagerie et des diagnostics assistés. L’avancée technologique offre aussi
un meilleur plateau technique et des matériaux plus biocompatibles. Les techniques
minimalement invasives et l’endodontie régénérative sont également en développement.
L’endodontie régénérative, bien qu’encore en développement, promet de révolutionner le domaine en permettant la régénération de la pulpe dentaire. Les statistiques montrent qu’une grande partie de la population mondiale a subi un traitement endodontique, avec des taux de réussite variant selon le praticien. Les omnipraticiens réalisent la majorité des traitements, mais les endodontistes spécialisés obtiennent généralement de meilleurs résultats. Des études récentes soulignent l’importance de l’utilisation d’outils modernes comme les aides optiques et les microscopes, qui améliorent significativement le taux de succès des traitements. L’irrigation reste un domaine où peu de progrès ont été réalisés depuis 1941, bien que l’activation des irrigants soit reconnue comme essentielle. Les techniques d’obturation ont elles bien évolué, avec une préférence pour les méthodes tridimensionnelles. Enfin, si on souhaite résumer les éléments différenciants pour obtenir un succès endodontique on retiendrait : l’utilisation systématique de la digue, d’aides optiques, la combinaison d’irrigants EDTA NaCl et leur activation, l’atteinte de la longueur de travail, et le type d’obturation.
Dr Hervé PLARD - Améliorez vos photographies dentaires
« Quand vous rentrez dans la matière, dans l’infiniment petit, vous allez pouvoir comprendre des choses. »
Cette dernière conférence de la journée porte sur l’importance de la photographie dans la pratique dentaire, en mettant
l’accent sur la réalisation de portraits des patients, en plus des photos intra-orales. Les portraits sont essentiels pour évaluer et communiquer les
résultats des traitements, notamment en orthodontie et en esthétique. Il recommande d’utiliser un appareil reflex pour des portraits de qualité, tout en précisant que les smartphones peuvent suffire, bien que les réglages doivent être adaptés. Les
réglages suggérés incluent l’utilisation du flash, une focale de 22, un ISO 100, et un temps d’exposition de 1/125. Il aborde les erreurs courantes
comme les plongées et contre-plongées, et conseille de faire asseoir les patients pour éviter ces problèmes. L’évolution vers
les appareils « mirrorless » est discutée, avec des avantages tels que la légèreté et la facilité d’utilisation.
Il est essentiel de standardiser les prises de vues pour faciliter la comparaison des avants/après, et propose des
techniques pour la photographie de petits éléments, comme l’utilisation de miroirs ou de plexiglas mat pour obtenir un fond noir. Il aborde également la
macrophotographie, en expliquant que ce type de photographie permet de capturer des détails invisibles à l’oeil nu, comme les lignes de croissance sur les dents. Des conseils pratiques sont donnés pour la photographie intra-orale, notamment l’utilisation
d’écarteurs métalliques stérilisables pour assurer l’asepsie ou encore de couper un écarteur en plastique en « C » à la moitié pour éviter que le miroir
ne bute dessus et pour mieux tirer sur la lèvre lorsqu’on fait des photos des faces palatines
