Exposition Henry Bismuth du 17 au 22 Octobre 2017

Une alchimie des images, New York ­‐ Paris

Peintures 2010 ‐ 2017 - Espace Beaurepaire, Paris

Henry Bismuth, Sincerely yours, huile et technique mixte sur lin, 2010, 162 x 195 cm

 

Cette exposition est l'opportunité après quelques années d'absence de l'artiste français à Paris de découvrir une sélection d'une vingtaine de peintures parmi ses créations depuis 2010.

 

L'artiste crée un journal intime de sa vision du monde avec des images qui se juxtaposent dans de larges compositions à la texture épaisse où les couleurs se chevauchent.

 

Henry Bismuth travaille sur un mode opératoire qui pourrait s'apparenter à un collage intellectuel, personnel, culturel qu'il transcrit en peinture.

Son inspiration est diverse mais très précise : des éléments de son quotidien comme l'antre de la cheminée de l'atelier, ses collections d'art asiatique, le mobilier ancien d'un jardin ; mais aussi la sculpture asiatique (l'artiste connaît très bien le musée Guimet) du Japon à la Chine en passant par l'Inde et à travers elle les artefacts d'une philosophie et d'une religion.

 

Ou bien encore son intérêt pour les chevaux, les Pintos en particulier. Intellectuel enfin, par un principe de tiroirs ouverts par lui et pour le regardeur.

Ouverts, car l'image donne tout à voir, rien n'est caché : chaque élément disposé sur la toile répond à une signification précise la sienne propre et fait écho aux autres motifs.

Ce répertoire c'est Henry Bismuth, ce qui lui fait dire "que sa peinture c'est lui et non pas une expression de lui". L'artiste considère ainsi le fait de peindre comme une mise en danger essentielle, moteur de l'acte créatif.

 

Le dessin est toujours très présent en travail préparatoire, mais maintenant sa maîtrise de la peinture lui permet de travailler en direct sur la toile, sans dessin préparatoire ni quadrillage, et donc de l'aborder comme une nouvelle expérience. L'artiste se laisse ainsi aller à un état de vacuité, pour tenter de capter la quintessence des choses ; le sujet c'est alors "le ressenti que l'artiste va faire de l'objet ou de l'être vivant représentés" .

Henry Bismuth nous offre ainsi un grand livre à feuilleter dont la lecture est à la fois dirigée car très connotée par le sens qu'il en donne -­‐ même de façon inconsciente -­‐ et multiple selon les connaissances de chacun.

Paradoxalement, cette intellectualisation n'enlève rien au plaisir de se plonger dans cette peinture !

 

Le choix de grands formats nous invite à un rapport à la surface particulier, où le corps peut être happé, laissant de côté la distraction alentour.

 

La matière, dense, épaisse, faites de coulures, comme un effet d'inachèvement, avec les bordures de la toile qui laissent apparaître les sous-­couches, est un indicateur de la fascination du peintre pour la texture des choses.

 

L'homogénéité de la texture se joue des codes traditionnels de la peinture, confondant ainsi la matière "cheval" et celle de la selle ou du vêtement du cavalier, celle de la chaise et celle d'une sculpture. Henry Bismuth va jusqu'à déposer de manière extrêmement libre des traces de peinture sur les sculptures représentées dans ses tableaux comme pour les amener à s'intégrer encore plus à l'image.

Quant à ce qu'on peut considérer comme l'arrière-­plan -­ beaucoup de ses toiles fonctionnent quasi en aplat sans ligne de fuite -‐, il est le révélateur du sujet en avant-‐scène de la toile.

Henry Bismuth Bio express

Henry Bismuth est né en France en 1961. Après des études inachevées de médecine à Bichat pendant 7 ans, il décide de se consacrer à la peinture et étudie pendant deux ans auprès de l'artiste John Buscema.

Sa première exposition date de 1988 à Paris et Bruxelles, puis en 1990 à la Galerie Ariane à Paris, elles seront suivies d'autres en France et en 1995 il est exposé aux Etats Unis. Il profite à cette période, et ce jusqu'en 2006 pour donner des conférences à Paris sur le mysticisme, intéressé par une traduction possible en images peintes. De 2001 à 2007, son travail est largement autobiographique.

Son exposition en 2012 à l'Hebrew Union College -­‐ Jewish Institute of Religion Museum à New York suivie d'expositions itinérantes est l'occasion pour Henry Bismuth de faire le lien entre sa culture et son héritage spirituel comme juif sépharade de Tunisie, né et élevé en France et sa série intitulée Vision asiatique. La série de l'Alchimie des Images découlera de cette série et verra le jour en 2014.

Un autre temps fort est sa rencontre avec des personnalités de la communauté internationale asiatique.

Son concept de l'art comme langage universel reliant les peuples à travers leur vision ("eye") et leur moi ("I") commence alors à recevoir une reconnaissance. En 2016, il expose sa série au Confucius Institute for business au SUNY Global Center à New York. L'exposition parisienne à l'Espace Beaurepaire qui présente pour la première fois cette série en France, est l'occasion de découvrir ou de revoir le travail d'Henry Bismuth qui n'avait pas exposé à Paris depuis dix ans.

 

Espace Beaurepaire - 28, rue Beaurepaire 75010 Paris

Exposition, entrée libre : mardi -­ samedi 13h-­20h / dimanche 13h-18h

Vernissage -­ cocktail sur invitation (nbereau@hotmail.fr) à l'Espace Beaurepaire, le mardi 17 octobre de 18h à 22h en présence de l'artiste.