Pris sur le web

Tatouages : pourquoi ils peuvent être dangereux ?

AONews #16 - Février 2018

Les encres de tatouages contiennent une centaine de pigments industriels potentiellement toxiques, qui n’ont jamais été destinés à l’usage humain.

 

15 % des Français sont tatoués, dont 25 % chez les moins de 30 ans, mais les médecins dé-tatoueurs sont de plus en plus sollicités pour cause d’effets secondaires, même si le traitement au laser est long, douloureux, coûteux et parfois inefficace.

Les couleurs doivent être stables, indélébiles… et non toxiques. Sutherland Macdonald, considéré comme le grand maître occidental du tatouage, aurait le premier ouvert la palette des tatoueurs en ajoutant six couleurs au bleu indigo, l’encre de Chine de base, non sans les avoir d’abord testées sur son propre corps. À Londres, en pleine Angleterre victorienne, son salon de tatouage attira les têtes couronnées de toute l’Europe, et cette nouvelle profession s’avéra si populaire qu’on créa en 1894 le mot « tattooist » (tatoueur) ! Mais les pigments naturels, une fois appliqués sous la peau, ne résistaient pas au temps, entraînant unvieillissement prématuré du tatouage et un effacement des couleurs. Ainsi apparurent les encres chimiques.


De quoi sont composées les encres de tatouage ?
Parmi la centaine de colorants répertoriés dans les encres de tatouage, on trouve aujourd’hui pas moins de 126 structures chimiques différentes, que l’industrie chimique n’a jamais destinées à un usage humain. Ces pigments industriels ont en effet été conçus pour la teinture des tissus, des plastiques, les encres d’imprimantes, voire des peintures automobiles !
On ne s’étonnera donc pas d’y trouver des hydrocarbures aromatiques polycycliques, autrement dit des résidus de charbon, pétrole et autres carburants, mais aussi, de plus en plus, des pigments azoïques, nouveaux colorants de synthèse mis au point sous
forme de laques afin d’être utilisés en peinture industrielle pour fabriquer des rouges, des jaunes, des oranges et des bruns. Sans oublier les métaux lourds (chrome, nickel, cuivre et cobalt, mais aussi titane et fer), plus divers ingrédients pour stabiliser les mélanges.
C’est le cas, en particulier, de la paraphénylènediamine, un additif très allergisant du henné noir, susceptible de déclencher, même des années plus tard, de nouvelles allergies De contact, d’où son interdiction en France.

 

Des risques pour la santé

La plupart de ces pigments sont connus depuis longtemps pour leurs propriétés hautement toxiques quand ils sont inhalés, ingérés ou introduits dans l’organisme.

 

Le tatouage est au moins aussi toxique, sinon plus, dans la mesure où il permet aux fines poudres industrielles colorées à la fois de s’infiltrer dans le sang à travers le derme et de provoquer des réactions chimiques sur toute la surface de l’épiderme.

 

Outre des allergies, on observe en effet des inflammations chroniques, voire une photosensibilité induite, en particulier avec les encres rouges, les plus toxiques du fait de la présence de sulfure de mercure dans leur composition. Ce sont aussi celles qui résistent le plus au laser dé-tatoueur, de même que le bleu, le vert et le violet, également plus inflammatoires que la simple encre noire. Même si le noir n’est pas facile à effacer quand il est trop profondément incrusté. Au risque d’effets indésirables potentiellement graves. Le dioxyde de titane, qui sert de base à certaines couleurs, pourrait même s’avérer cancérigène.

Grâce aux rayons X du synchrotron de Grenoble, on vient de constater que des pigments de tatouage peuvent migrer sous forme de nanoparticules dans les ganglions lymphatiques. Avant de se faire tatouer, ne faudrait-il pas, outre les normes sanitaires, vérifier aussi la composition chimique des couleurs utilisées ?

 

Des réglementations différentes selon les pays

En 1938, c’est un mascara permanent, le Lash Lure, responsable de cécité et de décès, qui a incité l’administration sanitaire américaine à étendre ses contrôles aux cosmétiques. Mais les encres de tatouage, dont les États-Unis ont le quasi-monopole de la fabrication et de la commercialisation, ne sont toujours pas sous contrôle.
Il faudrait standardiser les études toxicologiques pour prévoir notamment comment, selon son type de peau, une personne réagira à telle ou telle encre.

En Europe, leur fabrication relève en principe de règles de bonnes pratiques sur la base de « ce qui n’est pas bon sur la peau n’est pas bon dans la peau », mais les pratiques réglementaires changent d’un pays à l’autre et aucune loi ne permet actuellement le moindre
contrôle. Même si les autorités européennes ont déjà alerté sur environ deux tiers des encres d’origine américaine et même si l’on sait qu’il faut particulièrement se méfier de celles en provenance d’Asie, rien ne permet de vérifier l’ origine de ce qu’on trouve sur Internet.

 

Les additifs ne sont pas en reste ; il a été démontré, par exemple, que les 229 encres utilisées en Suisse contiennent de la benzoisothiazolinone, un antiseptique connu pour provoquer des allergies cutanées, et 7 % du formaldéhyde, classé carcinogène. Or, sur 38 industriels consultés par les autorités européennes, 7 seulement, des Italiens et des Allemands uniquement, ont révélé la composition de leurs encres.
Comme l’a récemment recommandé l’Académie Nationale de Pharmacie, il faudrait standardiser les études toxicologiques pour prévoir notamment comment, selon son type de peau, une personne réagira à telle ou telle encre. On sait seulement aujourd’hui qu’elles sont toutes toxiques à coup sûr, ce qui n’empêche pas de se faire tatouer… Tout en refusant de se faire vacciner au prétexte de la présence d’aluminium, dont la toxicité comme adjuvant n’est pas formellement démontrée.

 

Sante.lefigaro – Publié le 16/01/2018



En se retenant d’éternuer, un homme se déchire la gorge

AONews #16 - Février 2018

Les médecins conseillent de ne pas se pincer le nez ni fermer la bouche en éternuant.

 

Réprimer un éternuement, quoi de plus naturel. Un jeune anglais de 34 ans s’est pourtant déchiré le pharynx, en essayant de retenir un « atchoum ». Cet accident est relaté par des chercheurs anglais dans la revue BMJ Case reports, une revue destinée aux cas médicaux exceptionnels. Le patient a été admis aux urgences de Leicester suite à de vives douleurs au cou et une modification de sa voix après un éternuement énergique. « Il a décrit une sensation de claquement dans son cou et un gonflement de celui- ci-après qu’il a essayé de retenir un éternuement en pinçant le nez et en tenant sa bouche fermée », expliquent les médecins. Ces derniers font alors passer un scanner à l’intéressé. Résultat : le sinus piriforme, une des zones du pharynx, a été déchiré par la pression de l’air. Le patient a été finalement traité par antibiotiques sous intraveineuse pour éviter le développement d’une infection dans le cou. Il a pu rentrer chez lui au bout d’une semaine.

Selon les chercheurs, « éternuer en bloquant à la fois les narines et la bouche est dangereux. Ce réflexe doit être évité, car il peut entraîner de nombreuses complications telles que la perforation de la membrane tympanique et même une rupture d’un anévrisme cérébral. » Ainsi, si « la perforation de cette zone dérive souvent d’un traumatisme, d’une chirurgie ou d’une infection », les perforations spontanées sont, elles, très rares ».

Sante.lefigaro – Publié le 17/01/2018

Ces trois accidents qui ont révolutionné les neurosciences

AONews #16 - Février 2018

Barre de fer dans la tête, destruction du lobe frontal et opération cérébrale expérimentale, trois cas cliniques spectaculaires ont permis de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau.

 

Les découvertes scientifiques sont souvent le fruit du hasard. Et la neurologie comportementale ne fait pas exception. Durant ces deux derniers siècles, trois hommes ont joué un rôle majeur dans la découverte de certaines fonctions cérébrales : gestion de l’émotion, perte du langage ou de la mémoire. Michel Thiébaut de Schotten, qui a tenu une conférence le 23 janvier, s’est intéressé à ces cas.

 

Phineas Gage : le cerveau devient le siège de l’âme

 

En 1848, en pleine conquête de l’ouest aux États-Unis, Phineas Gage travaille à la construction des chemins de fer. Le contremaître est spécialisé dans les explosifs qui creusent les montagnes du Vermont pour permettre l’installation des rails. À l’époque, la technique est rudimentaire : on dépose un peu de sable et d’explosifs dans un trou creusé sur la paroi des montagnes. Mélange que l’on tasse dans une barre métallique. Cette dernière mesure environ 1,10 m de long, pour 3 cm de large avec une des extrémités plus pointues. Sauf qu’un jour, Phineas Gage, inattentif, oublie de mettre le sable. Il tasse. Le contact entre la barre métallique et la pierre de la montagne envoie une petite étincelle sur la poudre. L’explosion projette Phineas Gage en arrière. La barre, alors dans ses mains, lui traverse la tête – de la base de l’oeil gauche au sommet du crâne – avant de venir finir sa course 20 mètres plus loin. Miraculeusement, Phineas Gage s’en sort vivant… et ne semble présenter aucune séquelle. Quelque mois plus tard, il est de nouveau au travail. Mais quelque chose a changé dans son comportement. Phineas Gage a perdu en aptitudes intellectuelles et il a radicalement changé de personnalité. De chef d’équipe très organisé et doux, il est devenu désorganisé, vulgaire, agressif et impulsif. « Par exemple, il n’a plus non plus le contrôle de ses pulsions animales et devient incapable d’organiser ses idées », raconte Michel Thiébaut de Schotten, Chercheur CNRS à l’Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière à Paris.

À l’époque, les scientifiques concluent que le lobe frontal, qui a été atteint par la barre de fer, est « le siège de l’âme de la personne. En effet, avec un dommage dans cette zone, la personnalité de la personne change », explique Michel Thiébaut de Schotten. « Aujourd’hui, nous avons pu récupérer l’image en 3D par scanner du crâne de Phineas Gage. Et nous pensons que la barre de fer a interrompu certaines connexions dans le cerveau, habituellement activées dans le cadre d’émotions ou de prise de décisions ».

 

Louis Victor Leborgne : la perte de la parole

 

Connaissez-vous ce personnage de Game of Thrones, tristement nommé « Hodor » car ce sont les seules syllabes qu’il peut prononcer ? Si Hodor est fictif, « Tan-tan », dont l’histoire est similaire, est, lui, bien réel. Quand il a eu 20 ans, Louis Victor Leborgne, un jeune épileptique, perd l’usage de la parole (aphasie) suite à l’une de ses crises. Il ne pourra plus jamais prononcer autre chose que la syllabe « Tan », d’où son surnom « Monsieur Tan-tan ». Pourtant, ni ses aptitudes intellectuelles, ni sa compréhension ne semblent avoir été atteintes. Son père l’emmène à l’hôpital Bicêtre, où il restera jusqu’à sa mort en 1861, qui fait à l’époque à la fois office de prison et d’hôpital. Paul Broca, chirurgien et anthropologue, qui rencontra Leborgne quelques jours avant sa mort, a étudié son cerveau. Il observe une destruction d’une partie du lobe frontal (la partie antérieure du cerveau), selon lui responsable de l’aphasie, où il localise l’aire cérébrale de la parole. Encore aujourd’hui, nous associons le siège de la parole à ce qui s’appelle l’aire de Broca. Mais, selon Michel Thiébaut de Schotten, dont l’équipe a récupéré le cerveau de Leborgne scanné en haute résolution, c’est plutôt « tout  n faisceau de connexions qui a été interrompu dans la substance blanche entre l’avant et l’arrière du cerveau, qui est responsable de cette aphasie. Et non pas l’atteinte d’une zone précise. »

 

 Henry Gustave Molaison : vivre au jour le jour

 

L’américain Henry Gustave Molaison est opéré du cerveau en 1953, à l’âge de 27 ans, pour arrêter ses crises d’épilepsie chronique. Le médecin, William Scoville, à l’époque une super-star de la chirurgie, a déjà tenté l’expérience plusieurs fois, sans aucun résultat concluant, sur un des lobes du cerveau.

Mais avec Henry Gustave Molaison, Scoville veut expérimenter une nouvelle méthode : plutôt que de ne traiter qu’un seul des lobes du cerveau, il va s’attaquer aux deux. Durant l’opération, Scoville effectue donc deux incisions de 2,5 cm de diamètre de chaque côté du front du patient. Après avoir soulevé à l’aide d’une spatule l’avant du cerveau, « ils vont ensuite aspirer les parties intérieures du cerveau », relate Michel Thiébaut de Schotten. À son réveil, Henry Molaison peut parler, lire ou encore compter. Mais il est incapable de se souvenir de ce qu’il a fait la veille… ou les jours précédents. « Il revit chaque jour comme si c’était le premier », raconte Michel Thiébaut de Schotten. Pis, l’homme est toujours sujet à ses crises d’épilepsie.

Si Henry Molaison conserve sa mémoire sémantique (nom des objets) et procédurale (apprentissage du vélo, de l’écriture, etc.), il n’a plus de mémoire épisodique (souvenir des événements vécus). « Par exemple, dans les mois qui ont suivi le décès de sa mère, Henry Molaison est resté de très mauvaise humeur, sans qu’il arrive à se souvenir pourquoi », décrit Michel Thiébaut de Schotten.

Les scientifiques ont étudié son cerveau jusqu’à sa mort en 2008, et même après. Grâce à lui, les chercheurs ont compris le rôle de l’hippocampe et ses connexions avec les zones alentour dans la consolidation, le stockage et la récupération de la mémoire. C’est également grâce à lui que nous avons découvert l’existence de la mémoire à long terme et à court terme.

Sante.lefigaro – Publié le 17/01/2018

Stress et mal de dos sont intimement liés

AONews #15 - Décembre 2017

Le stress augmente les tensions dans les muscles et libère des substances favorisant les inflammations.

Le mal au dos, synonyme de ras-le-bol et de stress ? L’expression, très populaire, «en avoir plein le dos» tendrait à le démontrer. C’est aussi ce que prouvent plusieurs études, dont celle tout récemment publiée par des chercheurs japonais: sur un échantillon de 18 000 patients, face à un travail qui déplaît ou se révèle stressant, la tendance à souffrir de lombalgies et de sciatiques augmente de façon significative.

D’où vient donc ce lien entre stress et mal de dos ? Entre autres, de tensions musculaires liées au stress, qui peuvent aller jusqu’à bloquer complètement le dos au niveau des épaules ou des lombaires. «Les muscles sont riches en terminaisons nerveuses, et lorsque le cerveau en situation de stress transmet trop d’informations aux nerfs, ils se trouvent alors saturés explique le Dr Gilles Mondoloni, médecin ostéopathe et acupuncteur, auteur de Stop au mal de dos, aux éditions Solar. Le muscle va y répondre par une crispation, une contraction musculaire, qui peut être la cause d’une douleur locale ou d’une douleur projetée.»

 

Trop de stress et tensions musculaires

En outre, le stress chronique est connu pour déclencher la libération de substances favorisant les inflammations, d’où de possibles poussées d’arthrose, à l’origine de lombalgies. Du reste, comme le détaille une récente expertise collective de l’Inserm, il n’existe pas moins de quatre liens entre le stress et les troubles que l’on qualifie de musculosquelettiques.

L’un concerne l’augmentation du tonus musculaire, étudié en 2007 par le Norvégien Kristian Nilsen et ses collaborateurs. Afin de mieux décrypter l’effet du stress sur les troubles musculosquelettiques, il a soumis une quarantaine de personnes - en majorité des femmes - à une petite expérience. Après avoir répondu à une série de questions prouvant qu’ils étaient en bonne santé, les volontaires ont dû effectuer pendant une heure une tâche stressante face à un écran d’ordinateur. Des indicateurs de stress ont alors été enregistrés, rythme cardiaque, tension, transpiration de même que le tonus d’un certain nombre de leurs muscles. Enfin, une fois la tâche terminée, la quarantaine de participants ont été interrogés sur les douleurs qu’ils ont ressenties.

 

Plusieurs pistes pour expliquer les mécanismes de la douleur

Au final, 64 % des personnes étudiées ont eu davantage de douleurs après le test. Et même si l’équipe de Nilsen ne retrouve pas un certain nombre de corrélations entre stress et douleurs, le stress semble bien aller de pair avec des tensions musculaires dans les trapèzes. De plus, l’Inserm dénombre au moins trois autres voies pouvant être à l’origine de douleurs musculaires ou articulaires. Par exemple, la libération d’adrénaline et de noradrénaline en cas de stress, deux hormones qui augmentent la fréquence cardiaque et le rétrécissement du diamètre des petites artères, soit une vasoconstriction, qui entrave la réparation de lésions et diminue l’évacuation des déchets musculaires et peut donc être source de fatigue et de douleurs musculaires.

Ou encore, la sécrétion de cytokines, des substances favorisant voire provoquant l’inflammation des tendons, des muscles et des articulations. Les hypothèses ne manquent pas et font toujours l’objet de recherches. Mais si les mécanismes en cause ne sont pas encore clairement élucidés, il est un phénomène qui ne fait plus aucun doute: des conditions de travail stressantes sont bel et bien source de troubles musculosquelettiques, et notamment de lombalgies.

Le Figaro.fr / 17 novembre 2017

Chirurgie : quel couvre-chef est le plus hygiénique ?

AONews #15 - Décembre 2017

Les calots en tissus sont moins propices à la propagation de microbes en milieu opératoire. Ce couvre-chef reste néanmoins proscrit en France.

Une bataille se tient dans les blocs opératoires, particulièrement aux États-Unis, mais aussi en France, sur le couvre-chef des chirurgiens. Les calots attachés derrière la tête versus charlottes, jetables contre tissus. Quelle modalité sera la plus hygiénique? Deux équipes se sont formées: d’une part les chirurgiens et infirmiers privilégient les calots en tissus, d’autre part les hygiénistes qui préfèrent les charlottes jetables.

Une étude publiée dans l’American College of Surgeons a tranché: les calots en tissus sont les moins propices aux développements de bactéries en milieux opératoires. Pour le déterminer, une équipe de chercheurs menée par le Dr Troy Makel, composée d’un microbiologiste, d’ingénieurs spécialisés dans la ventilation des salles d’opération et d’un expert hygiéniste a été constituée. Ces derniers ont testé 3 types de couvre-chefs: calots en tissus, calots jetables et charlottes. Une équipe chirurgicale a donc mené des opérations simulées, en conditions réelles, dans 3 établissements différents et à deux reprises pour chacun d’entre eux. À l’issue des opérations, la qualité de l’air et les dépôts de particules ou de bactéries ont été analysés

 

Les charlottes mal aimées

Quel que soit le type de protection utilisé, aucun cheveu n’a été retrouvé dans les salles d’opération. Cependant, les chercheurs ont observé qu’avec l’utilisation de charlottes, le nombre de colonies de bactéries relevées dans la salle d’opération était bien plus important qu’avec n’importe quelle autre protection. Le taux de microbes présents dans l’air est également plus élevé qu’avec les calots en tissus.

Aux États-Unis, les réglementations d’hygiène des hôpitaux n’ont jamais été claires quant au type de couvre-chef que les chirurgiens se doivent d’utiliser. Cependant, une recommandation avait été émise afin d’utiliser des coiffes recouvrant «les oreilles, le cuir chevelu, la base du crâne, les pattes, rouflaquette ou favoris». Des charlottes avaient donc été mises à la disposition des chirurgiens dans les blocs opératoires. Mais ces derniers se sont opposés à l’utilisation de ce type de coiffes, se plaignant d’un mauvais confort pendant les longues opérations, des irritations liées aux apprêts utilisés sur les tissus jetables et de pertes partielles d’audition à cause de la couverture des oreilles.

 

La France prend le contre-pied avec la cagoule

En France, la Direction générale de l’offre de soin (DGOS), interrogée à ce sujet, recommande également «la couverture complète de la chevelure avec une cagoule/une charlotte à usage unique et en non-tissé pour éviter l’aérocontamination par des particules de coton. Au bloc opératoire, on utilise un matériel à usage unique. D’une part, pour éviter les particules en suspension et d’autre part, pour éviter la contamination des lieux avec du linge ayant été potentiellement au contact d’autres linges, par exemple si le professionnel le lave chez lui». De ce fait, les calots en tissus, comme le recommande l’étude, sont «à proscrire, ainsi que les bandanas en tissu». Par ailleurs, l’institution préconise l’utilisation de cagoule qui «couvre le menton, donc une barbe éventuelle, et qui se noue sous le menton. Elle est plus contraignante en termes de confort mais plus efficace en matière d’hygiène que la charlotte moins couvrante».

«La France dispose de ses propres recommandations émanant de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H)» explique la DGOS. «Les pouvoirs publics sont attachés à conserver une constance dans leurs recommandations. En l’occurrence, ne pas les remettre en question à chaque publication d’étude, sans un minimum d’expertise»

Le Figaro.fr / 23 novembre 2017