Munch et Monet, stars des ventes impressionnistes à New York

Tout juste une semaine après les élections présidentielles américaines, Christie’s et Sotheby’s ont ouvert la grande semaine de ventes à New York. Comme pour chaque temps fort de l’année, les résultats ont été scrutés par les spécialistes, qui attendent que les ventes repartent à la hausse après des mois plutôt maussades. Dans un marché de l’art caractérisé par des acheteurs avides de chefs d’œuvres et de valeurs sûres, deux grands noms se sont distingués aux ventes impressionnistes et modernes de Christie’s et Sotheby’s : Monet et Munch.

Un record pour Monet chez Christie’s

Le temps fort de cette semaine restera probablement le nouveau record atteint par la Meule de Claude Monet. Peinte en 1891, cette grande toile aux couleurs vives n’avait pas été mise aux enchères depuis 1999. À l’époque, elle s’était vendue pour 11,9 millions de dollars. Mercredi soir, après 14 longues minutes d’enchères entre cinq personnes, elle s’est arrachée pour 81,4 millions de dollars, soit près de 76 millions d’euros. Loin de son estimation haute de 45 millions.

Il est rare désormais de voir ce genre d’œuvres de Monet apparaître sur le marché. 19 toiles de cette série sont conservées dans des musées.

 La dernière fois qu’une peinture de Monet avait attiré autant de convoitises, c’était en 2009 chez Christie’s à Londres. À l’époque, la vente du Bassin aux Nymphéas avait marqué un record pour le marché en atteignant les 40,9 millions de livres sterling.

Un autre record a été atteint chez Christie’s ce mercredi soir, avec la vente de Rigide et Courbé de Kandinsky, qui a atteint les 23 millions de dollars (soit plus de 21 millions d’euros).

La vente de ces deux toiles d’exception, ainsi que celle d’œuvres de Picasso, Chagall ou Léger, ont tiré la vente de Christie’s vers le haut. La maison de ventes aux enchères a ainsi pu atteindre les 246 millions de dollars (229 millions d’euros), dépassant son estimation basse de 200 millions. Un meilleur résultat que l’année dernière, avec 81% des lots vendus.


Munch, star de la vente la plus mitigée de Sotheby’s

Du côté de Sotheby’s, le bilan était plus mitigé avec une baisse de 48% par rapport à la même vente moderne et impressionniste de 2015.

 

La maison de ventes aux enchères a réussi à atteindre son estimation basse avec un résultat de 142,8 millions de dollars (soit 133 millions d’euros), mais les journalistes présents sur place ont rapporté une vente difficile, où aucune œuvre n’a réussi à susciter un enthousiasme débordant.

 

Article de Claude FAIN

Même la pièce maîtresse de la soirée, Les filles sur le pont d’Edward Munch, n’a pas attiré les foules. Scott Reyburn et Robin Pogrebin du New York Times racontent ainsi les longs moments qui se sont écoulés avant que l’œuvre soit finalement adjugée pour 54 millions de dollars (environ 50 millions d’euros) à un acheteur dont l’enchère avait été sécurisée d’avance par Sotheby’s. La toile n’avait pourtant pas été proposée aux enchères depuis 2008. En 2012, Le Cri de Munch était entré dans l’histoire en se vendant chez Sotheby’s pour près de 120 millions de dollars après 12 minutes d’enchères.

La toile de Picasso de la série Le Peintre et son modèle s’est quant à elle vendue pour 12,9 millions de dollars (12 millions d’euros), sans entraîner non plus d’enchères survoltées. Deux toiles de Matisse, une aquarelle de Kandinsky et un portrait d’homme signé Tamara de Lempicka n’ont pas trouvé acquéreur.

La soirée de Sotheby’s n’a pas fait de vagues, et a semblé confirmer la frilosité des collectionneurs, qui attendent pour mettre leurs plus belles œuvres sur le marché. Toutefois, la vente était tout de même historique sur un point, puisque la soirée new-yorkaise était menée pour la toute première fois par une femme, Helena Newman.

Une avancée, à défaut d’une vente historique.