AON. Qui est Hadi Antoun ? Pouvez-vous retracer votre parcours : d’où vous venez, vos études, vos premières expériences, et ce qui vous a conduit à l’implantologie et à la parodontologie comme spécialités ?
Hadi Antoun. Jeune étudiant, je débarque de Beyrouth en pleine guerre civile dans la ville de Lyon où je poursuis mon second cycle. Je passais mon temps dans le service de paro et de chirurgie, et il m’est difficile d’en connaître les vraies raisons ! Peut-être que je voulais satisfaire inconsciemment mes parents qui me voyaient médecin, chirurgien… J’ai eu la chance de côtoyer à la faculté, comme par la suite, des praticiens de talent, passionnés et engagés. Ils m’ont permis d’avoir un regard un peu différent avec une recherche de l’excellence et une approche globale du patient ce qui m’allait très bien car malgré mon intégration qui était totale au bout de quelques mois, j’ai toujours ressenti avoir quelque chose d’un peu différent qui m’animait.
La parodontologie coulait de source pour moi dans le cadre d’un traitement pluridisciplinaire mais j’ai rapidement cherché à me spécialiser et à travailler, dès mes premières années d’installation, avec quelques correspondants qui étaient avant tout des amis et qui m’ont fait confiance. Je ne les oublierai jamais ! L’implantologie moderne est arrivée pratiquement à ma sortie de faculté et c’était une révélation pour tous et surtout une chance de baigner rapidement dans ce milieu. Me former autour de cette discipline semblait une évidence, une continuité. Je ne faisais pas partie des premiers adeptes en France (il y avait plus vieux que moi déjà ) et je pensais déjà que c’était trop tard pour percer, ce n’était pas très simple au départ… Je suis persuadé que c’est toujours possible pour les jeunes d’aujourd’hui d’en faire une « spécialité », il y a de la place pour tout le monde même si c’est plus aisé à certains endroits que d’autres.
AON. Avez-vous eu des mentors ou des figures qui vous ont inspiré dans votre carrière ? Qu’avez-vous retenu de leur enseignement / leur approche qui vous aide encore aujourd’hui ?
H. A. Évidemment que les mentors sont essentiels dans une carrière et c’est quelque chose que je tente de transmettre aussi, tellement je suis persuadé que ça m’a influencé. Mon premier mentor, c’est mon père, qui ne fait plus partie de ce monde, mais il m’a tellement marqué que je pense à lui tous les jours. Dans notre profession, oui mes mentors sont nombreux.
À commencer à la faculté de Lyon Jean-Pierre Dumont qui m’a amené vers Jacques Bori, puis Karl Misch aux USA et enfin à Paris avec Patrick Missika qui m’a ouvert ses portes à Garancière dans le DU d’implantologie où j’ai passé une dizaine d’années. Je n’oublierai pas non plus Michèle Albou qui m’a accueilli les bras grands ouverts quand, jeune praticien fraîchement diplômé, j’ai débarqué de Lyon ne connaissant pratiquement personne à Paris. Elle m’a conseillé, soutenu et aujourd’hui me fait toujours confiance en nous confiant à Franck et moi le dossier scientifique de ce numéro.
AON. Qu’est-ce qui vous a particulièrement attiré vers la chirurgie implantaire avancée et la mise en
charge immédiate, aux greffes osseuses ? Quels défis avez-vous dû relever en vous spécialisant dans ces domaines ?
H. A. Les techniques avancées étaient tout simplement une continuité de ce qui était utile et nécessaire. Pousser plus loin et ne pas rester sur des acquis est de toutes les façons dans ma nature et il m’est difficile de le contrer. Même si je décide que je ne devrais plus, comme le dit bien l’adage chasse le naturel il revient au galop ! Quand j’étais chez Karl Misch, j’ai eu la chance de le voir faire les premières greffes de sinus ainsi que les premiers prélèvements osseux autogènes au menton, puis dans la zone ramique en vue d’augmenter des sites atrophiés. Ainsi en fréquentant le service d’implantologie à Garancière, j’ai eu l’opportunité de croiser dans ma carrière aussi Pascal Valentini avec qui on partageait cet avancé chirurgical et avec qui on a switché vers l’usage exclusif des biomatériaux dans les greffes de sinus contrairement à tout ce qui se disait ou se faisait.
J’ai continué à suivre à l’époque les congrès Américains et à me documenter à travers la littérature notamment sur les mises en charge immédiates notamment par les travaux de Denis Tarnow puis de Paolo Malo qui m’ont permis de me lancer aussi dans cette approche qui a rendu service à de nombreux patients traités mais aussi à travers la transmission de cette avancée à de nombreux confrères.
AON. Au cours de votre carrière, qu’est-ce qui vous a le plus marqué : un cas particulièrement complexe, une publication, une innovation, ou une rencontre professionnelle ?
H. A. La rencontre avec le professeur Per-Ingvar Branemark à Göteborg et la première mise en charge immédiate assumée avec le système Novum conçu par ce dernier, celui qui prônait l’enfouissement et la mise en charge différée des implants. J’ai trouvé cette remise en question de tous les principes qu’il a lui-même énoncés et à la base de l’implantologie moderne, très courageuse et digne des grandes personnes de ce monde
qui savent rester humbles face à la nature et la biologie.
AON. Vous travaillez donc en étroite collaboration avec Franck Bonnet. Comment cette relation professionnelle s’est-elle construite, et qu’est-ce qu’elle apporte à votre pratique et à vos projets communs ?
H. A. C’est une longue histoire avec Franck qui a commencé d’ailleurs avec Pascale Montagné son épouse que j’ai rencontrée, à titre professionnel, avant de faire sa connaissance. J’ai pris sa suite chez Jacques Bori chez qui je suis resté presque 4 ans avant de m’installer. Nous avons travaillé ensemble avec Franck quand nous collaborions encore tous les 2 avec Nobel Biocare. Nous partagions les mêmes passions et les mêmes problématiques, ce qui nous amenait à beaucoup échanger.
C’est ainsi, quand Franck est venu me parler de son idée sur le Monobloc, que nous avons commencé une vraie collaboration autour de ce projet. Des heures, des journées, des week-ends de travail, des visios à n’en plus finir avec Franck mais aussi avec Michel Arnaud et Alain Gracia pour chercher, développer et faire aboutir ce projet de création d’un concept particulier avec un seul objectif ; réduire le taux de complications notamment celui des péri-implantites. Puis la rencontre avec Philippe et Olivia Veran a permis de concrétiser ce projet d’une façon efficace et professionnelle.
Pour répondre plus précisément à votre question, ce rapprochement avec Franck, Alain et Michel m’a énormément apporté et à plusieurs niveaux. Échanger, réfléchir à voix haute, partager succès mais aussi échecs, astuces et difficultés avec des personnes qui partagent les mêmes problématiques avec un esprit amical et bienveillant, est le graal dans notre métier !
AON. Vous avez monté l’IFCIA il y a quelques années, pouvez-vous nous en dire plus ?
H. A. À mon retour des États-Unis, créer un study-group était une évidence et j’ai commencé par le faire mais plutôt autour de mes correspondants, chose que je continue par ailleurs. Créer un institut de formation en implantologie n’était pas au programme au départ. C’est arrivé quand j’ai commencé à penser quitter la faculté. Garder un environnement dans l’enseignement, le partage, la présence de jeunes mais aussi et surtout garder le challenge que vous apporte l’enseignement était indispensable.
Je pense avoir beaucoup appris et c’est toujours le cas, quand je me retrouve devant une plage blanche pour préparer une présentation. Comme je considère que la formation est continue, que les acquis ne sont qu’éphémères, je me l’impose indirectement avec les formations que je prodigue.
Après avoir commencé les premières formations il y a une vingtaine d’années dans une salle de soin du cabinet dans laquelle nous avions installé un écran, aujourd’hui nous pouvons accueillir jusqu’à 26 participants dans des conditions optimales et une installation dédiée.
IFCIA propose une dizaine de sessions par an, depuis le cycle pour débutants sur 18 mois jusqu’aux sessions avancées sur les augmentations osseuses, le traitement des édentés complets et la mise en charge immédiate, ou encore sur les implants en zone esthétique en passant par des sessions avec des guest internationaux comme Zucchelli ou Da Rosa. IFCIA c’est aussi un study group qui se réunit tous les mois avec des passionnés de cette discipline et surtout des jeunes avides d’apprendre, de progresser, de participer à des sujets de recherches mais aussi d’écrire pour publier.
Une équipe de 3 personnes à plein temps assure toute l’organisation de l’institut avec professionnalisme mais aussi avec beaucoup d’engagement et de dévouement. L’équipe du cabinet n’est pas en reste, elle est partie prenante de ces formations qui sont aussi très cliniques grâce aux interventions en direct mais aussi par les travaux pratiques. Je dois beaucoup à toutes ces personnes !
AON. Comment votre vision de la relation patient a-t-elle évolué depuis vos débuts ? En particulier dans les cas d’implantologie avancée ou esthétique, quelles attentes observez-vous chez les patients aujourd’hui qui étaient moins présentes avant ?
H. A. L’implantologie s’est beaucoup démocratisée et je pense que c’est une très bonne chose. C’est une chance pour les patients de pouvoir bénéficier de cette discipline du moment que l’indication est bien posée et que l’acte est fait dans de bonnes conditions et avec une formation sérieuse à la clé.
Les attentes des patients peuvent quelquefois dépasser le raisonnable mais je pense que ça reste marginal, il faut surtout pouvoir détecter ce type de patients. Le patient de notre époque est bien plus renseigné qu’auparavant mais ceci n’en fait pas un adversaire. D’où l’importance de lui apporter la bonne information de différentes manières en fonction de son profil et de lui proposer aussi les différentes alternatives. C’est un temps précieux que nous passons avec le patient et je pense que l’on peut transformer ce moment d’échange en un moment de plaisir, de créer un lien qui dépasse l’aspect purement technique. J’y crois beaucoup et c’est ce qui à mes yeux donne du sens à notre métier !
AON. Si vous aviez la possibilité de donner un seul conseil à un jeune chirurgien-dentiste qui souhaite se spécialiser en implantologie ou parodontologie, que lui diriez-vous ?
H. A. Je vais me permettre de donner ce conseil en 3 mots : formation, humilité et ambition.
AON. Comment voyez-vous l’avenir de notre profession, le chirurgien aura-t-il encore la main ou
le robot va-t-il prendre sa place ?
H. A. Personne ne peut prédire à mon avis ce que le robot fera demain. Je suis néanmoins certain que ça restera un outil parmi d’autres. Certes, son impact sera plus fort et sera sans doute facilitateur. Il rendra certains actes sans doute plus reproductibles pour le même praticien mais aussi entre les praticiens. Il permettra de lisser les résultats parmi nous tous, avec des résultats sans doute plus égaux entre eux. Le cabinet de demain sera sans doute un cabinet connecté à tous les niveaux et sera sans doute une concentration de différentes technologies liées à l’intelligence artificielle qui ne fait que commencer. Mais, je rajoute bien un mais, car l’anamnèse du patient, ses attentes, la perception de ses attentes, le diagnostic global et le plan de traitement liés non seulement à l’aspect purement médical mais aussi par rapport à un projet plus global restera, à mon avis, du domaine du praticien. Ensuite un cabinet dentaire n’est pas, n’est plus que technique ! La gestion du cabinet est tout aussi importante que la dentisterie. La gestion du cabinet est tout aussi importante que les compétences cliniques. Ces deux domaines de la dentisterie contribuent au succès des cabinets et je pense que la gestion d’un cabinet ne pourra pas, dans un avenir proche, être confié à un robot mais je me trompe peut-être pourriez-vous deviner maintenant si c’est Hadi Antoun qui écrit ou l’IA ? Une nouvelle ère commence…
AON. Si vous aviez la possibilité de donner un conseil au jeune Hadi, à ses 18 ans que lui diriez-vous ?
H. A. Aie plus confiance en l’avenir et profite du moment présent !
AOnews. Qui est Franck Bonnet ? Pouvez-vous retracer votre parcours : vos origines, vos études, vos premières expériences, et ce qui vous a conduit vers l’implantologie et la chirurgie orale ?
Franck Bonnet . Je suis né à Angoulême, en Charente. J’ai grandi au fil de différents déménagements – Toulouse, Orléans, Vesoul, Arles – avant de commencer mes études de chirurgie dentaire à Montpellier, puis de les achever à la faculté de Paris 7, Garancière.
Depuis l’enfance, j’ai toujours voulu faire de la chirurgie, sans pour autant avoir d’exemple familial dans le milieu médical. J’ai passé mon PCEM1 en 1983, en pleine période de grèves étudiantes. Comme il n’était plus possible de choisir librement sa spécialité en médecine, je me suis tourné vers la chirurgie dentaire, dont j’avais gardé une image très positive depuis mon adolescence.
J’ai poursuivi mes études à Montpellier jusqu’en quatrième année, puis je suis parti à Paris rejoindre Pascale, ma petite amie de l’époque, qui deviendrait ma femme, et qui s’était orientée vers la parodontologie.
Entre ma quatrième et ma cinquième année, grâce à elle, j’ai eu la chance d’assister au séminaire de Jacques Bori à Chambéry. J’avais 22 ans à peine. Ce fut une véritable révélation : clinicien d’exception en paro-prothèse, rigoureux et visionnaire, il incarnait une dentisterie avant-gardiste.
Naturellement attiré par la chirurgie, je me suis orienté vers la parodontologie et l’implantologie, tout en aimant gérer les cas de A à Z, jusqu’à la réhabilitation prothétique. C’était l’époque où l’implantologie bouillonnait : le Pr Brånemark venait de faire sa première conférence à Paris, et, en France, Garancière était à la pointe dans le domaine. En 1987, j’ai présenté ma thèse, dirigée par Patrick Missika, sur la préparation chirurgicale des sites pré-implantaires.
Très tôt, je me suis passionné pour la chirurgie muco-gingivale et osseuse associée aux implants. J’ai ensuite fait le choix d’un post-graduate en implantologie à UCLA, avec Peter Moy. C’était une expérience unique mais aussi un investissement lourd : j’ai dû contracter un emprunt étudiant pour la réaliser. Dans le même temps, j’ai validé les CES de biologie buccale, de parodontologie et de prothèse.
Avec Pascale, nous avons ensuite choisi de nous installer à Cannes.
AON. Avez-vous eu des mentors ou des figures inspirantes dans votre carrière ? Qu’avez-vous retenu de leur enseignement ou de leur approche, et en quoi cela influence-t-il encore votre pratique aujourd’hui ?
F. B. J’ai eu la chance de rencontrer et d’apprendre auprès de nombreux confrères talentueux. J’ai toujours été admiratif des personnalités fortes, passionnées, et exigeantes dans leur pratique. Étudiant, après une période très festive, en 5ème année j’étais devenu avide de savoir, curieux de tout, désireux de comprendre et de bien faire. J’ai eu la chance d’observer de grands dentistes, aux approches différentes mais animés par la même passion.
Plus tard, installé et pratiquant déjà l’implantologie, je suis resté inspiré par ceux qui font de ce métier une discipline exceptionnelle – à la fois humaine, intellectuelle et manuelle.
Mes mentors m’ont transmis des valeurs qui restent essentielles à mes yeux : humilité, honnêteté, persévérance, rigueur, réflexion, écoute, et surtout l’éthique. Ils m’ont appris à toujours recentrer ma pratique sur le bien-être du patient, la qualité des traitements et l’expérience vécue par celui-ci.
AON. Qu’est-ce qui vous a particulièrement attiré vers l’implantologie et la chirurgie avancée ? Quels défis majeurs avez-vous dû relever en vous spécialisant dans ces domaines exigeants ?
F.B. Ce qui m’a attiré dans la chirurgie implantaire esthétique, c’est son exigence et sa richesse. Elle demande une maîtrise à la fois de la gestion osseuse, de l’architecture des tissus mous, et de la réhabilitation prothétique esthétique.
Jusqu’au début des années 2000, les disciplines étaient cloisonnées. Peu de praticiens combinaient tous ces savoirs, ce qui constituait un défi passionnant : trouver le meilleur traitement en intégrant des compétences issues de différentes spécialités.
Aujourd’hui, cette approche multidisciplinaire est devenue une évidence, mais à l’époque, elle représentait une véritable innovation.
AON. Au cours de votre carrière, qu’est-ce qui vous a le plus marqué : un cas particulièrement complexe, une publication, une innovation, ou une rencontre professionnelle ?
F.B. Un moment marquant de ma carrière ? S’il faut en choisir un, ce serait en 1996, lorsque nous avons reçu Henry et Maurice Salama à Perspective Implantaire pour deux jours et demi exceptionnels. Ils venaient d’intégrer le cabinet d’Atlanta de Ronald Goldstein et David Garber. Leur approche pluridisciplinaire et esthétique de l’implantologie était révolutionnaire pour l’époque.
AON. Vous travaillez en étroite collaboration avec Hadi Antoun. Comment s’est construite cette relation professionnelle, et qu’apporte-t-elle à vos pratiques et à vos projets communs ?
F.B. J’ai rencontré Hadi en 1999, à Göteborg, lors d’une réunion d’un petit groupe de praticiens français. J’y ai aussi croisé Paul Mariani, avec qui j’ai collaboré pendant de longues années.
Avec Hadi, nos chemins se sont croisés régulièrement, que ce soit en conférences ou en formations, en France et à l’étranger. Il avait succédé à Pascale au cabinet de Jacques Bori. Nous avions des parcours parallèles, des expériences communes et le presque le même âge.
Au fil du temps, une amitié est née. Je lui ai proposé de collaborer dès la création et le développement du KMB, notre implant monobloc concave.
Notre complicité nous permet d’échanger, de confronter nos idées, de nous challenger mutuellement, toujours dans un esprit constructif. J’ai beaucoup d’admiration pour lui, à la fois comme confrère et comme ami.
AON. Vous avez monté l’organisme de formation FIDE. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle et sur l’importance que vous accordez à la formation continue des praticiens ?
F.B. Le FIDE a aujourd’hui 20 ans. Je l’ai cofondé avec Paul Mariani, un enseignant exceptionnel qui a été un modèle pour moi. Dès le départ, notre objectif a été clair : proposer une formation associant enseignement théorique, interventions en direct et travaux pratiques, pour que les participants repartent avec des outils immédiatement applicables au cabinet. Nous organisons des séminaires de 1 à 3 jours sur des thématiques précises : reconstruction osseuse, gestion des tissus mous à visée esthétique et biologique, traitement des édentements unitaires, multiples ou complets. Avec l’évolution des pratiques et de la prise en charge, nous développons aujourd’hui des formations multidisciplinaires, encore plus riches et actuelles.
AON. Comment votre vision de la relation patient a-t-elle évolué depuis vos débuts ? Quelles nouvelles attentes observez-vous chez les patients aujourd’hui, notamment en implantologie et en esthétique dentaire ?
F.B. Ma vision de la relation patient n’a pas vraiment changé : j’ai toujours placé ses besoins et attentes au centre de ma pratique. Les patients n’ont pas tous le même niveau d’exigence, mais l’essentiel est de bien comprendre ce qu’ils recherchent. Ce qui a évolué, en revanche, c’est leur accès à l’information. Et je pense que c’est une chance : un patient informé est un patient avec qui le dialogue est plus riche.
AON. Quel conseil donneriez-vous à un jeune chirurgien-dentiste qui souhaite se spécialiser en implantologie ou en chirurgie orale ?
F.B. J’ai la chance d’avoir deux filles, Marie et Clarisse, toutes deux dentistes passionnées avec qui je travaille. À elles, comme aux jeunes praticiens qui me demandent conseil, je dis toujours : soyez humbles, pensez au patient avant tout, apprenez, travaillez, allez observer les meilleurs, faites de votre mieux, prenez du plaisir… C’est un métier magnifique !
AON. Comment voyez-vous l’avenir de notre profession ? Selon vous, le chirurgien conservera-t-il toujours un rôle central ou l’automatisation et les robots prendront-ils une place grandissante ?
F.B. Notre profession a la particularité d’être à la fois manuelle, médicale, humaine et organisationnelle. Avec l’intelligence artificielle et la robotique, elle évolue et va encore profondément se transformer. Le chirurgien-dentiste de demain sera peut-être moins « artisan » au sens traditionnel, mais davantage « chef d’orchestre » d’un ensemble technologique.
Mais une chose ne changera pas : soigner ne consiste pas seulement à réparer une dent ou poser un implant. C’est prendre soin d’une personne dans sa globalité.
AON. Si vous pouviez revenir en arrière et donner un conseil au jeune Franck Bonnet à sa rentrée en dentaire, que lui diriez-vous ?
F.B. Mon message à Franck Bonnet âgé de 18 ans? Fonce, c’est un métier extraordinaire ! Et aussi pense à apprécier chaque instant de la vie, le temps passe très vite !
