Symposium Nobel Biocare

New York, 23 au 26 Juin 2016, Waldorf Astoria

Là où l'innovation est devenue réalité, focus sur la journée française

La tradition est toujours respectée au symposium international de Nobel Biocare de New York où se sont retrouvés plus de 2000 personnes. Les quatre jours de conférences et de master class sont précédés dorénavant par une journée Française, inaugurée en 2013. Mais un succès en appelle un autre. Dès le mercredi 22 juin, et en parallèle de la conférence « des français », espagnols et allemands ont inauguré leurs propres journées.

Le programme de la French Day, élaboré par le Professeur Paul Mariani (lire son interview par André Sebbag) avec Roger Faradjian et Justin Fekom (respectivement…..), proposait un format de 20 mn aux 11 intervenants.

 

Patrick Limbour a fait l’inventaire des avantages de la prothèse vissée. Elle évite la perturbation biologique et son cortège de risques bactériens liés à la fusée de ciment (20%), le défaut d’ajustage de la prothèse définitive (50%) et des formes de sur contour (27%) trop marquées. Ces premiers critères contribueront à l’apparition de mucosités, puis de péri implantites qui s’ajouteront aux autres facteurs iatrogènes. Ce fut le moment de démontrer que le pilier peck de cicatrisation offre une excellence tolérance biologique, et de préciser que cet interface tissu mou / céramique full zircone donnait une réponse tissulaire optimale.

 

La régénération osseuse guidée (ROG) et la greffe osseuse furent argumentées par Fabrice Clipet. Gardons toujours à l’esprit que les défauts osseux sont à apprécier tant dans le sens vertical que dans le plan transversal. Si le défaut à « 3 jours », la paroi manquante peut être reconstruite facilement à l’aide d’une membrane étirable (Creos) et d’une autogreffe ou d’une xenogreffe. C’est la ROG. La véritable greffe osseuse, telle que décrite par F. Khoury, alors s’impose puisqu’il n’existe qu’une seule paroi. Dans tous les cas l’herméticité, l’absence de tractions et l’utilisation d’une membrane à résorption lente ou non résorbable, contribuerons à la réussite de cette reconstruction osseuse. Quoiqu’il en soit, il faudra toujours privilégier la présence d’os autogène.

 

Les facteurs de risque de la péri implantite sont de 3 ordres d’après Catherine Rivière. 30% sont à mettre à l’actif de la prothèse, 30% sur les bactériemies de la plaque et près de 40% sont à imputer à tout ce qui entoure l’acte chirurgical proprement dit. Les bactéries gram – hautement résistantes ainsi que la présence du virus Epstein Barr constituent la microbiologie complexe de la péri implantite. La discussion revient à savoir si le col de l’implant doit être le plus lisse possible pour éviter au mieux une minoration de l’infection bactérienne.

 

L’édentement unitaire molaire se rencontre très fréquemment dans notre exercice quotidien. Harmik Minassian propose en 3 séances de réaliser la prothèse. Pour cela, il faut à la lecture des radios et cone beam pré opératoires anticiper tous les problèmes. Il s’agit de finaliser le diagnostic, le plan de traitement et d’imaginer la prédictibilité du résultat. L’idéal serait de faire usage de « l’integrated treatment workflow »tel que le préconise Marwan Daas. Ce protocole permet d’associer la précision du scanner Nobel Procera 2G pour les données prothétiques, l’algorithymne smart fusion réalise l’intégration des informations radiographieques ainsi que le planning chirurgical réalisé par le logiciel Nobel Clinician, tout cela à l’aide du protocole Nobel Guide.

Mais il revient à faire tous les gestes chirurgicaux en séparant délicatement les racines, à privilégier un forage de 2 mm dans le septum et la suite si le hiatus entre l’implant stabilisé ) 35 Ncm est inférieur à 1,5 mm, il ne sera pas utile de le combler. L’implant Nobel Active, et mieux encore le Parallèle CC sera indiqué.

 

L’édentement complet maxillaire fut un moment fort puisqu’il s’agissait de parler de planification (Nobel Guide) de pose d’implant trans-zygomatique ; le tout en évitant de procéder à des greffes osseuses. Le trio Bernard Cannas, Nicolas Boutin et Jean Baptiste Verdino nous a exposé la classification de Bedrossian. Il n’existe à ce jour chez Nobel Biocare qu’un seul diamètre (4,1) d’implant zygomatique. Il peut être posé jusqu’à offrir une angulation de 45° de la tête de l’implant. Après quoi, un pilier multi unit offrira la possibilité de réunir l’ensemble des quatre six implants pour une structure rigide et plurale.

De son côté, Medhi Merabet nous a montrés, dans les cas très complexes, comment l’implantologie préparait à la chirurgie orthognatique et offrait de sérieuses solutions dans les cas douloureux de patients handicapés. La planification était le maître mot de l’exposé de M. Daas.

De proche en proche, nous pouvons obtenir des piliers anatomiques plutôt que d’utiliser des piliers pré fabriqués. Dans l’édentement antérieur, le pilier ABC permet d’optimiser la sortie de la vis jusqu’au 25°. Grâce à la planification, un profil d’émergence dans le cingulum et un contour osseux « idéal » favoriseront l’intégration esthétique. Dans les secteurs postérieurs c’est le pilier FCZ qui remplit cette fonction !

 

Avec le Digital Smile Design, Renaud Noharet nous a aidés à mieux appréhender la totalité d’un projet qui doit passer par l’utilisation du Ditramax, de photos (3 vues) et de vidéos, de la maitrise des tailles et du visagisme (tempérament et archétype).

Dans le concert de toutes les conférences internationales, nous retiendrons celle du ….. de l’hôpital… qui a présenté ses travaux sur les greffes de visages qui a forcé l’admiration de l’assistance. L’humanité, l’éthique se partageaient à la compétence et la haute technicité, un moment inoubliable.

 

Retenons enfin la conférence dans le grand auditorium du français le plus américain, Bernard Touati, qui a présenté une innovation en chirurgie : on1. Avec son confrère Eric Rompen (Belgique), elle fait suite aux travaux de 2006 (curvy) en collaboration avec Van Doren.

 

André Sebbag

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