Prenons le thé au Ritz

Une invitation glamour de Marie-Christine Laurent

4 ans de travaux, et 400 millions d'investissements pour redonner au palace mythique de la place Vendôme, le lustre de son passé. Passée la porte à tambour désormais automatisée mais refaite à l'identique, le premier regard se pose sur une immense brassée de glaïeuls. Seraient-ils de retour en grâce? Je suis très sensible à la décoration florale des hôtels, ici elle est élégante sans être ni opulente, ni luxuriante. De bon ton, et nettement plus exceptionnelle dans le salon Proust, the place to be, à droite de la galerie ouvrant sur un jardin minimaliste, sous sa verrière coulissante à charpente métallique verte. Des tilleuls en caisses à oranger sont disposés dans le jardin du Ritz, un havre de paix.

Le salon Proust a été dédié à l'écrivain, qui aimait l'hôtel où personne ne le bousculait. On peut y savourer le goûter ou s'y prélasser dans les canapés profonds. Les habitués y retrouveront aisément leurs marques, 80% du mobilier ayant été restauré ou retapissé, et les tableaux nettoyés, le palace n'a pas perdu son âme.

 


C'est au bar Vendôme que je m'installe.

Le thé vert chinois, signature de la maison  est exquis, servi avec des scones parfaits (cet adjectif ne souffrant ni bémol, ni superlatif  m'a fait remarquer un linguiste récemment, je ne surenchéris pas mais le cœur y serait). Le miel vient de Corse, les purées de fruits sont bonnes, mais trop sucrées (ce ne sont pas des confitures).


En attendant mon rendez-vous, je lis le New York Times qui relate le scandale du lobby du sucre américain ; pendant des années des chercheurs américains ont été appointés pour charger les aliments gras de tous les maux, cholestérol en tête, en minimisant l'impact d'une alimentation trop sucrée sur la santé).
C'est moche. Pour compenser, je pose une généreuse cuillerée de crème exquise sur le 2ème scone (dans un souci de gourmandise et histoire de rétablir une vérité scientifique bien sûr). La porcelaine est signée Haviland, et c'est le modèle historique du palace qui a été reproduit.


Dans les années 1900, Le Ritz est un des premiers hôtels où les femmes ont venir seules sans être accompagnées. Elles y savouraient le high tea, mode anglaise importée par César Ritz le fondateur de l'hôtel.


J'aime la rigueur élégante des caisses à oranger (qui n'en contiennent pas dans ce cas) et les arbres taillés au cordeau. C'est Jean Mus, le célèbre concepteur de jardins des belles propriétés du sud, et récemment des jardins Vuitton de Grasse, qui a veillé à la mise en scène végétale du lieu

 

Le meilleur moment, c'est quand on monte l'escalier dit-on. L'habillage de l'ascenseur est chargé d'histoire. Montez dans votre chambre ou votre suite. Si vous êtes un client qui compte (plus que les autres), un de vos oreillers sera brodé à vos initiales. Et bien reposé, vous pourrez partir faire du shopping en Bentley Flying Spur V8 avec chauffeur. Free of charge of course.

 

Marie-Christine Laurent

http://ultimateglance.blogspot.fr/

 

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