Une vie d'Art (dent) iste...!

Clap de fin de carrière pour celui du début de retraite

La question récurrente que chacun d'entre nous, au cours de sa carrière professionnelle, peut et doit légitimement se poser : « Y-a-t-il une vie après la dentisterie? »

Une existence sacerdotale dévouée corps et âme à une mission qui s'inscrit dans le cadre de la Santé Publique avec pour corollaire un confinement temporis ad-eternam dans ce huis clos dénommé « cabinet dentaire », sans parler des obligations contraignantes d'heures ouvrées qui nous imposent, comme dans la culture des champignons de Paris ou celle des endives, de passer la plupart de son existence sous un éclairage froid artificiel, type lumière du jour, sans en être vraiment !

Notre métier nous conduit à des gestes rémanents, prégnants et qui, lorsqu'ils s'arrêtent pour cause de retraite, nous laissent en plein désarroi...créant un vide sidéral. Game over...?

 Il y a par voie de conséquence, une perte d'identité sociale pour ne pas évoquer la blessure narcissique de ne plus appartenir à cette troupe médicale spécialisée lorsque l'on devient allocataire de la CARDSF.

 

Nos meilleurs amis nous préviennent : « La retraite, cela se prépare à l'avance ». Ceux qui le sont moins, ironiques disent : « C'est l'antichambre de la mort ».

 

Enfin, il y a ceux qui jubilent de cette opportunité de liberté retrouvée et mise à profit pour pouvoir suivre en direct à la télé les dernières séries américaines. En fait, tout est vrai et même son contraire, mais j'ai la faiblesse de penser que la vérité est tout simplement au milieu de toutes ces certitudes.

On peut alors, en toute liberté, user de son temps, s'épanouir, tout en gérant ce précieux capital temps libre.

Oui, il peut y avoir une vie après une carrière de chirurgien-dentiste !

Consacrer cette disponibilité pour faire de l'humanitaire, se réaliser en pratiquant des disciplines sportives (cf Dr Henri Eskenazi avec la plongée sous-marine), intellectuelles ou culturelles, domaines que l'on a souvent négligés, laissés sur le bord de la route afin de mieux monopoliser son dynamisme pour une profession multi-facétieuse qui nous macrophage et en réclame tellement.

 

Je côtoie beaucoup de confrères retraités qui ont su prendre ce virage avec succès tout en relevant ce défi. En ce qui me concerne, la peinture d'art a été une thérapie cognitive indispensable à la gestion de mon stress. L'achat d'un atelier a « routinisé » cette activité, lui donnant un caractère plus professionnel, la liberté en plus, les contraintes en moins.

Certains confrères, praticiens de cet art dentaire choisissent de pérenniser jusqu'aux dernières limites possibles ce métier et  de finir comme Molière qui mourut sur scène...

OK ! D'accord sur le concept d'une telle fin mais j’y poserais une seule condition... Celle de ne pas être son ultime Patient !!

 

Lionel Leyre, artiste peintre Ghisonel

 

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