Régénération osseuse latérale utilisant des dérivés plaquettaires

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Marc QUIRYNEN


Le PRP (platelet rich plasma) a été introduit à la fin des années 1990. La technique consiste à prélever le sang du patient et à y ajouter des anticoagulants avant de réaliser 2 cycles de centrifugation.

Un 1er cycle à 200 g pendant 10 min permet de séparer le sang en deux parties. La partie inférieure du tube avec principalement des cellules sanguines rouges et la partie supérieure composée de plasma. Ce dernier est récupéré dans un nouveau tube afin de subir le second cycle.

Le 2ème cycle se fait à 1500 g pendant 10 min, il se forme une séparation en deux composants : du plasma pauvre en plaquette (PPP) et du plasma riche en plaquette (PRP). Ce dernier peut être transformé en gel lorsqu’on y ajoute quelques facteurs de la coagulation. Fig. 1

Le PRGF (platelet rich in growth factors) est introduit quelques années plus tard. Le sang du patient est prélevé dans un tube contenant des anticoagulants puis une centrifugation à 460 g pendant 8 min permet de séparer le sang en 3 parties. Au fond du tube se trouvent les cellules sanguines rouges, puis une zone intermédiaire contenant les leucocytes (buffy coat) suivie du plasma séparé en 2 fractions : l’une pauvre en facteur de croissance utilisée comme membrane et l’autre, riche en facteurs de croissance pouvant être mélangée à des substituts osseux. Fig. 2

Le L-PRF (leukocyte and platelet rich fibrin) est introduit dans les années 2000. Le principe consiste à prélever le sang du patient sans rien y ajouter et à le mettre en centrifugeuse à 408 g pendant 12 min. Il se forme alors un caillot de L-PRF dans le tube et peut être utilisé comme membrane une fois aplati. Ce caillot présente le taux de concentration en plaquettes le plus élevé. Fig. 3


 

Indications du L-PRF :

  • régénération osseuse guidée,,
  • préservation alvéolaire,
  • augmentation sous-sinusienne.

Comment préparer sa membrane L-PRF ?

  • Étape 1. Prélèvement sanguin dans un tube en verre ou recouvert de silice. Le sang est prélevé sans additifs. Entre 8 et 16 tubes de 9 mL peuvent être prélevés. Les tubes sont placés 2 par 2 dans la centrifugeuse.
  • Étape 2. Centrifugation à 408g pendant 12 min voire plus si le patiente est sous anti-coagulant.
  • Étape 3. Récupération du caillot de L-PRF qui est séparé des cellules sanguines rouges
  • Étape 4. Préparation de la membrane : Le caillot de L-PRF est positionné sur une plaque perforée et est compressé jusqu’à l’aplatir complètement pour obtenir une membrane de L-PRF. Un exsudat du L-PRF est libéré et peut être récupéré sous la plaque. Ce liquide contient des facteurs de croissance. Les membranes de L-PRF ont une forte concentration en leucocytes, plaquettes et facteurs de croissance. Fig 4

Comment préparer son block osseux de L-PRF ?

  • Étape 1. La membrane précédemment obtenue est positionnée dans une cupule puis sectionnée en plusieurs morceaux. Le but est d’obtenir une activation plaquettaire.
  • Étape 2. Les morceaux de la membrane sont mélangés à des substituts osseux à raison de 2 membranes pour 0,5 g de substitut osseux.
  • Étape 3. Préparation du liquide fibrinogène durant le même cycle de centrifugation que les tubes initiaux. Il est obtenu à partir de tubes spéciaux. Ce liquide contenant des chaines courtes de fibrinogène est utilisable dans les 30 min qui suivent.
  • Étape 4. Le liquide fibrinogène est mélangé à la mixture substitut osseux – membrane L-PRF afin d’obtenir le « bloc osseux » de L-PRF. Fig 5

La littérature montre un gain osseux latéral de 4,6 mm en moyenne (Cortellini S, Castro AB, Temmerman A, Van Dessel J, Pinto N, Jacobs R, Quirynen M. Leucocyte- and platelet-rich fibrin block for bone augmentation procedure: A proof-of-concept study. J Clin Periodontol. 2018 May;45(5):624-634). Fig 6


 

En reprenant les coupes de scanner du patient, plusieurs lignes sont tracées : en rouge la situation initiale de l’os du patient puis en blanc la surface externe du greffon. Elles sont reportées ensuite sur des coupes à 8 mois post-op puis 2 ans post-op. Une résorption osseuse s’est effectivement produite. Fig 7

 

Comment expliquer cette résorption osseuse ? 

 

Dans la suite de l’étude, les auteurs se sont intéressés au secteur contro-latéral sain du patient. Les dimensions osseuses alvéolaires ont été mesurées sur une coupe sagittale et l’image obtenue a été retournée en miroir, puis superposée sur la coupe du secteur greffé.

La superposition des coupes met en évidence une concordance des dimensions de l’os alvéolaire, ce qui laisse penser qu’il existe une certaine limite, propre à chaque patient, à la régénération osseuse latérale. Fig. 8


Bibliographie

Cortellini S, Castro AB, Temmerman A, Van Dessel J, Pinto N, Jacobs R, Quirynen M. Leucocyte- and platelet-rich fibrin block for bone augmentation procedure: A proof-of-concept study. J Clin Periodontol. 2018 May;45(5):624-634.