La grille titane
La grille titane évite le traumatisme lié à la fixation des pins durant la chirurgie : il faut compter 5-6 coups de maillets/pins. La possibilité de stabiliser la grille à l’aide de vis
d’ostéosynthèse permet une insertion beaucoup plus délicate de la vis et un ressenti patient qui sera bien meilleur. La grille peut être travaillée ou préformée ce qui lui donne de multiples
indications : elle est utile dans les défauts osseux purement horizontaux, modérés voire sévères (avec une perte totale de la partie vestibulaire) mais aussi dans les défauts osseux combinés,
modérés, voire lors d’une perte totale de l’os alvéolaire.
Pour toutes les techniques de ROG nous appliquons les quatre principes PASS développés par Wang (2006) :
P : fermeture primaire sans tension
A : angiogenèse pour permettre
une revascularisation.
S : stabilité, y compris dans le temps grâce aux vis et aux pins.
S : maintien de volume grâce à la membrane, la grille ou la membrane armée.
➧ Ces principes permettent une évaluation avant, pendant et après la greffe.
➧ L’exclusion cellulaire va permettre à l’os de se régénérer.
Les grilles titanes traditionnelles
Cette grille en titane traditionnelle est disponible en deux épaisseurs. Il existe deux modalités d’utilisation de cette grille.
Cas clinique : le patient, victime de tourisme dentaire, présentait 6 implants maxillaires et 6 implants mandibulaires. Tous les implants de la mandibule étaient en situation de
péri implantite et ont été
retirés avec un curetage minutieux des lésions suivi d’une cicatrisation de 2 mois. Pendant la préparation chirurgicale, sa mandibule a été imprimée pour concevoir deux grilles titanes
bilatérales sur mesure. Lors de l’intervention le lambeau doit être large, d’une part pour exposer les accidents anatomiques et d’autre part pour s’assurer du bon positionnement
de la grille. Il ne faut pas hésiter à recureter si besoin, cela induira un saignement favorable à l’angiogenèse.
Au niveau des biomatériaux, les intervenants utilisent le gold standard, le yin, le yang, soit de l’os allogénique (50 %) et de l’os autogène scrapé au niveau des ramus (50 %). Nous observons
maintenant une tendance vers une plus grande proportion d’os allogénique mais cette association reste fondamentale pour une survie de notre matériau à long terme. Les vis utilisées pour plaquer
la grille mesurent entre 3 et 5 mm. En fin de chirurgie, nous vérifions que notre mélange soit condensé et que tous les rebords soient bien plaqués et matés afin d’éviter l’irritation des tissus
de recouvrement. L’un des avantages de cette technique c’est la visibilité de la quantité de matériaux et de sa compaction, ce qui limite le risque d’invaginations ou de colonisations du greffon.
Le patient viendra en contrôle chaque mois pour surveiller une éventuelle exposition de grille.
À 8 mois postopératoires nous avons une bonne stabilité des tissus qui va permettre de passer à la
chirurgie implantaire.
À la réouverture, la difficulté réside dans le décollement des tissus et la récupération des vis souvent enfouis dans une grande quantité de tissus fibreux.
La grille peut également être recouverte de tissu à retirer soigneusement. Six implants sont posés entre 20-40 N/cm avec une excellente stabilité dans un os bien vascularisé. Il est préférable de
sur-forer plutôt que de forcer. Pour stabiliser la restauration sur le long terme, la gestion chirurgicale des tissus mous peut être nécessaire (Fig. 4 à 9).
L’Accuramesh
L’Accuramesh est une grille en titane entièrement personnalisable dont les propriétés sont les suivantes :
Avec ce dispositif nous pouvons consacrer notre temps de travail à la réalisation chirurgicale et à
la gestion des tissus mous.
La gestion des tissus mous
La gestion des tissus mous va permettre de restaurer la ligne muco-gingivale mais également du tissu kératinisé. Les études convergent vers la même conclusion à savoir que l’amélioration de
la
gestion des tissus mous va permettre :
Lors de nos chirurgies de reconstruction la gencive kératinisée est souvent sacrifiée et la ligne muco gingivale complètement déplacée, plusieurs techniques nous permettent de réparer ce problème.
Très souvent, après l’étape de régénération osseuse le patient pense que tout est terminé. Il est donc essentiel de le recentrer dans son plan de traitement, pour qu’il comprenne où il se situe dans le protocole, souvent long et complexe. Les conférenciers remettent au patient cette frise chronologique pour l’aider à visualiser les étapes. Le patient doit de son côté être conciliant car il ne pourra pas porter de prothèse au début (Fig. 14).
Conclusion
Pour un résultat de qualité plusieurs points sont à retenir :
➧ stabilité du matériel greffé : grille et vis adaptées,
➧ gestion des tissus mous (avant, pendant, après) : c’est le point crucial qui va nous permettre de pérenniser nos restaurations,
➧ suivi régulier de nos patients.
